Le conseil municipal de L'Ancienne-Lorette a adopté mardi soir un règlement qui interdit désormais de fumer non seulement dans tous les bâtiments de la Ville, y compris la maison des jeunes, mais aussi dans ses 15 parcs et espaces verts publics. Du grand parc de la Rivière en passant par tous les terrains de sport, les sentiers de randonnée, les terrains de soccer et les parcs de quartier.
«Pas pire, hein?» lance un Émile Loranger visiblement fier de son coup, en entrevue au Soleil. «Si on laisse nos gens fumer dans nos parcs, à côté des enfants, on est niaiseux. Il faut arrêter de donner un mauvais exemple.»
Une rencontre récente avec un organisme de lutte contre le tabagisme a fait réaliser au maire Loranger qu'il fallait aller plus loin, dit-il, pour convaincre les jeunes de ne pas fumer. «À la polyvalente de L'Ancienne-Lorette, les jeunes n'ont pas le droit de fumer dans la cour d'école, mais ils traversent à l'Amphiglace à côté pour fumer, décrit le maire. Pourquoi nous, à trois pouces, l'autre bord de la clôture, on le permet?»
Ex-fumeur depuis 15 ans - «je fumais 100 cigarettes par jour» -, Émile Loranger sait que le règlement dérangera les fumeurs. «Mais on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs, dit-il. C'est une question de santé publique.»
Pas de zèle
Ce sont les surintendants aux travaux publics, déjà chargés de faire appliquer la réglementation municipale, qui surveilleront les fumeurs délinquants.
«On n'appliquera pas ça en cave, assure le maire Loranger. Le gars qui fume tout seul derrière un arbre, on va faire comme si on l'avait pas vu. Mais ceux qu'on prend à fumer devant les jeunes, ils n'auront pas trois chances.»
Les contrevenants s'exposent à une amende variant entre 100 $ et 300 $ pour une première offense. En cas de récidive, l'amende sera de 200 $ à 600 $. Le nouveau règlement vient aussi interdire à quiconque de fumer à l'intérieur des véhicules et de la machinerie de la Ville.
Selon trois organismes de lutte contre le tabagisme consultés mardi, le règlement de L'Ancienne-Lorette serait une première québécoise et un bon complément à la loi provinciale. «Ça a un effet dissuasif, indique André Beaulieu, porte-parole de la Société canadienne du cancer, division Québec. À chaque restriction qui s'ajoute, de plus en plus de fumeurs décident d'arrêter parce que ça devient compliqué de fumer.»
Les interdictions de fumer en plein air sont plus courantes ailleurs au Canada. En Ontario, une dizaine de villes, dont Barrie et Belleville, ont interdit la cigarette dans tous leurs parcs, terrains de jeux et terrains de sport. À Toronto, il est interdit de fumer à neuf mètres ou moins de tout terrain de jeu, pataugeoire ou jeu d'eau sous peine de recevoir une amende allant jusqu'à 300 $.
Selon les statistiques 2009 de Santé Canada, 20 % des jeunes Québécois de 15 à 19 ans sont fumeurs, soit 3 % de plus qu'en 2008.























