L'Hôtel-Dieu de Québec: un PPP trop risqué

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Une première phase de travaux préparatoires commencera en... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Une première phase de travaux préparatoires commencera en août, mais pour l'agrandissement comme tel, il faudra attendre encore deux ans.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) Rénover et agrandir L'Hôtel-Dieu de Québec en partenariat public-privé (PPP) est un pari «trop risqué», conclut une nouvelle étude de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Manque de transparence, dépendance aux consortiums privés, rigidité devant les changements : recourir au privé pour construire des hôpitaux est un choix risqué et coûteux, dit en substance Pierre J. Hamel, chercheur à l'INRS spécialisé dans le financement et la gestion des infrastructures urbaines.

«Il est parfaitement certain que le financement privé d'un hôpital ou de tout autre PPP est plus cher que le financement public», tranche d'entrée de jeu le chercheur dans une étude qui paraît aujourd'hui et dont Le Soleil a obtenu copie.

Dans sa recherche de 300 pages réalisée à la demande du Syndicat canadien de la fonction publique, M. Hamel explore trois grands projets de PPP en route : L'Hôtel-Dieu, le Centre universitaire de santé McGill et le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), devenu une véritable saga.

De ces trois cas, celui de L'Hôtel-Dieu est particulièrement problématique, note-t-il. Au premier chef, le fait qu'il s'agit de rénovation, dit le chercheur joint à Najac en France. «En général, les PPP sont allergiques à la rénovation.»

Pierre J. Hamel prend l'exemple de l'échangeur Turcot à Montréal pour lequel le gouvernement a finalement abandonné le PPP et opté pour un mode traditionnel. «La raison officielle, c'est que c'était de la rénovation et qu'il y avait beaucoup d'inconnu», tranche-t-il.

Manque de souplesse

Autre point majeur, selon M. Hamel, le fait que L'Hôtel-Dieu soit un hôpital universitaire à la fine pointe où les constants changements technologiques rendent plus risqué le fait de se lier avec un partenaire privé pour 20 ou 30 ans. «Lorsque viendra inéluctablement le temps où il faudra se résoudre à apporter des changements à ce qui était prévu, on pourra bien entendu déroger au contrat et le rouvrir, mais ce sera difficile et coûteux», écrit le chercheur, selon qui les PPP sont «l'antithèse de la souplesse».

En Grande-Bretagne, qui fait figure de pionnière avec ses Private Finance Initiative, certains hôpitaux fonctionnent, reconnaît M. Hamel. Mais il s'agit d'hôpitaux de taille moyenne où les besoins en équipements sont plus prévisibles.

Plus globalement, Pierre J. Hamel tient compte dans son étude du contexte économique et donne l'exemple de la faillite, en 2007, du «plus gros PPP au monde», celui de Metronet pour la rénovation du métro de Londres. «Les partenaires privés ont perdu leur mise, mais ce sont les autorités publiques qui paient depuis les pots cassés», écrit le chercheur dans son étude traduisant souvent un scepticisme envers les PPP.

Pour L'Hôtel-Dieu, le gouvernement Charest a retenu le mode PPP en juillet 2008. Une première phase de travaux préparatoires en mode conventionnel commencera en août. Cette phase, qui inclut des travaux d'excavation et des fouilles archéologiques, coûtera 28,9 millions $ et durera 18 mois. Pour l'agrandissement, qui commencera dans deux ans, Québec garde le cap sur le PPP.

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