Ritalin: de la drogue dans la boîte à lunch

Dans le film Charlie Bartlett, Anton Yelchin joue... (Photothèque Le Soleil)

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Dans le film Charlie Bartlett, Anton Yelchin joue un étudiant de 17 ans qui rêve de popularité. Pour arriver à ses fins, il s'improvise psychiatre et donne des ordonnances de pilules obtenues de médecins à la prescription facile. Fiction? «Des jeunes qui volent des médicaments dans la pharmacie de leurs parents, ça existe», affirme Caroline Jacques, du Centre de réhabilitaition Ubald-Villeneuve.

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Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) «On ne se rend pas compte que les jeunes ont de la drogue dans leur boîte à lunch. On banalise la prise de médicaments, mais ça peut devenir une substance d'essai pour un jeune de 12 ans.»

Caroline Jacques est coordonnatrice au Centre de réadaptation Ubald-Villeneuve, spécialisé en toxicomanie. Elle déplore le manque de sensibilisation entourant la consommation de médicaments. «Quand on fait de la prévention auprès des parents, on oublie souvent de leur parler d'abus de pilules. C'est comme si ce n'était pas important. Mais des jeunes qui volent des médicaments dans la pharmacie de leurs parents, ça existe», dit-elle.

Il n'existe aucune donnée ou étude sur la consommation de Ritalin à des fins récréatives. Selon l'Enquête québécoise sur le tabac, l'alcool, la drogue et le jeu chez les élèves du secondaire, publiée par l'Institut de la statistique du Québec, la consommation d'amphétamines a toutefois diminué entre 2004 et 2008, passant de 10,3 % à 7,3 %. «Ce sont les données les plus fiables que nous avons», affirme Joël Tremblay, professeur à l'Université du Québec à Trois-Rivières, spécialisé en toxicomanie.

Or, selon différentes études américaines, des étudiants universitaires consomment aussi des médicaments sans ordonnance pour augmenter leurs performances cognitives, dans une proportion qui varie de 3 % à 11 %. Le méthylphénidate, mieux connu sous le nom de Ritalin, est le médicament cité dans la majorité des cas (62 %).

Les médecins doivent être attentifs aux risques de mauvais usages des psychostimulants chez leurs patients, affirme par ailleurs la Dr Annick Vincent, spécialiste du trouble du déficit de l'attention.

Effets euphorisants

D'ailleurs, des médicaments à longue action comme le Concerta et l'Adderall sont moins susceptibles de produire des effets euphorisants que les médicaments à courte durée comme le Ritalin ou la Dexédrine, explique-t-elle.

De son côté, Daniel Haerincq, intervenant en toxicomanie au centre Le Grand Chemin, insiste sur l'importance d'encadrer un jeune dans sa prise de médicament. «Je ne pense pas que des jeunes se lèvent un matin en se disant qu'ils vont faire du trafic de Ritalin. Les jeunes vont consommer ce qu'ils ont sous la main, et ça risque plus d'arriver quand il y a un manque au niveau de l'encadrement.»

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