Limitation des dépenses: le milieu de la santé inquiet

Lise Denis, directrice générale de l'Association québécoise d'établissements... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Lise Denis, directrice générale de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Serge Vermette, président du Regroupement régional de l'Association et président du Centre hospitalier affilié universitaire de Québec (CHA) et Alex G. Potter, président de l'AQESSS.

Le Soleil, Patrice Laroche

Marc Allard
Le Soleil

(Québec) Les services offerts dans les établissements de santé et de services sociaux risquent de souffrir si le gouvernement du Québec maintient son intention de limiter la croissance annuelle des dépenses à 3,2 % pour l'ensemble de ses programmes. 

C'est le cri d'alarme qu'a lancé mardi après-midi à Québec l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), alors que le gouvernement Charest prépare son budget 2010-2011. «L'annonce que le gouvernement a fait de réduire ses dépenses à 3,2 % ne peut pas s'appliquer à la santé et aux services sociaux», a déclaré mardi Lise Denis, directrice générale de l'AQESSS, en marge d'une conférence de presse à Québec.

Pour maintenir les services et les soins à leurs niveaux actuels, les établissements de santé et de services sociaux doivent composer avec une augmentation des dépenses de 5 % à 6 %  par année, souligne l'AQESSS. Selon l'Association, qui représente les hôpitaux, les instituts de santé, les centres de santé et de services sociaux (CSSS) et les centres d'hébergement du Québec, cette hausse annuelle moyenne permet à peine de faire face au vieillissement et à la croissance de la population, ainsi qu'à l'augmentation des coûts des médicaments et des technologies.

Or, si le gouvernement maintient sa cible à 3,2 %, un écart d'environ 600 millions $ va se creuser entre le financement disponible et le financement nécessaire, estime l'AQESSS. Dans la région de la Capitale-Nationale, ce manque à gagner s'élèverait à 45 millions $.

«Notre capacité à absorber des nouvelles clientèles ne sera pas là», a soutenu Mme Denis. «Et concrètement, ça va veut dire qu'on aura de la difficulté à faire face à nos obligations. On ne peut pas vouloir diminuer les listes d'attente et l'achalandage des urgences, augmenter les volumes des opérations et en même temps, dire : ?Écoutez, vous allez diminuer le budget?, a ajouté Mme Denis.

Vers l'endettement

La directrice de l'Association craint aussi qu'un budget insuffisant freine le développement des services pour les personnes âgées, les jeunes en difficulté et l'accès à un médecin de famille.

Selon Serge Vermette, président du Regroupement régional de l'AQESSS et président du Centre hospitalier affilié universitaire de Québec (CHA), la limite de 3,2 % risque de conduire les établissements en santé et en services sociaux de la capitale nationale vers l'endettement.

«Soit on n'est pas capable de dispenser les soins, soit les établissements s'endettent pour dispenser les soins», dit M. Vermette, qui craint que les hôpitaux consacrent une part de plus en plus importante de leurs budgets à payer des intérêts sur leur dette.

L'AQESSS affirme que le retour à l'équilibre budgétaire doit s'amorcer dès maintenant et que ses membres tentent déjà de réduire leurs dépenses et d'améliorer leur productivité. Elle estime qu'il faudra notamment investir dans le dossier de santé informatisé et l'organisation du travail.

«Mais cela ne permettra pas de répondre totalement à l'effort exigé du gouvernement pour réduire son déficit, a déclaré Lise Denis. Il devra trouver de nouvelles sources de revenus, sinon il sera confronté à des choix difficiles.»

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