Un robot au service des pharmaciens du CHUQ

Nathalie Parent montre un anneau de sachets préparé... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Nathalie Parent montre un anneau de sachets préparé par le «Pillpick».

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

 

Pierre Asselin
Le Soleil

(Québec) Les pharmaciens du CHUQ ne perdent plus de temps à compter des pilules, un robot se charge maintenant de cette tâche dans les trois hôpitaux. Un investissement de 9 millions $ qui a éliminé la majorité des erreurs de médicaments en plus de libérer les pharmaciens.

Gertrude Bourdon, directrice générale du CHUQ, a présenté mercredi ce système sur lequel le centre hospitalier a commencé à travailler voilà maintenant cinq ans. «Nos équipes du CHUQ avaient déterminé dès 2005 qu'une robotisation et une automatisation du circuit étaient nécessaires pour améliorer notre efficacité», dit-elle.

En 2007, un premier robot est installé à Saint-François d'Assise. Il assure aussi la préparation des médicaments pour L'Hôtel-Dieu. Le deuxième robot a été implanté au CHUL l'automne dernier et, aujourd'hui, le système automatisé assure la préparation des médicaments pour tous les lits du CHUQ.

Il se prépare 10 000 doses chaque jour dans les trois hôpitaux du CHUQ, précise Mme Bourdon.

Le «Pillpick» est une machine immense. Elle effectue plusieurs tâches simultanément : faire son inventaire de médicaments en préparant des milliers de sachets de pilules; préparer les prescriptions en cueillant les sachets qui sont ensuite attachés ensemble par un anneau de plastique; faire une seconde vérification pour s'assurer que l'anneau correspond bien à l'ordonnance; et finalement gérer les retours de médicaments en vérifiant l'intégrité des sachets inutilisés. S'ils sont intacts, l'appareil les replace dans l'inventaire.  

Économie

Avant la robotisation, tous les médicaments inutilisés devaient être jetés. Le nouveau système permet de les réutiliser, ce qui représente une économie de 500 000 $ par année sur un budget total de 30 millions $ en médicaments pour tout

le CHUQ.

«Nous avons amélioré la sécurité de tout le circuit du médicament, de la prescription jusqu'au patient», observe Marie-Claude Racine, chef de service pharmacie pour le CHUQ. «Le nombre d'erreurs diminue et, dans plusieurs cas, il est pratiquement ramené à zéro.»

Chaque anneau de sachets préparé par le robot est placé dans la chambre du patient, à l'intérieur d'un cabinet verrouillé, avec une copie du profil pharmacologique de chaque patient. L'anneau contient, dans un ordre chronologique, tous les médicaments nécessaires pour une période de 24 heures.

Erreurs éliminées

«Les erreurs de médicaments ou de dosages sont totalement éliminées par une double vérification à l'intérieur de chaque système de code à barres, souligne Mme Racine. L'anneau nous permet aussi de réduire les erreurs d'omissions, puisque l'infirmière n'a qu'à voir s'il reste des sachets.»

En outre, la machine n'élimine aucun poste de pharmaciens. Au contraire, se réjouit Gertrude Bourdon, elle permet de mieux les utiliser. «On n'a jamais eu comme objectif de réduire le nombre de pharmaciens, parce que même à 80 nous n'en avons pas assez pour faire tout ce qu'on voudrait. On a besoin d'eux et d'elles partout, aux urgences, pour appuyer les équipes multidisciplinaires ou pour la prévention des infections. La robotisation les a libérés, parce qu'une partie du travail de préparation peut être faite par des techniciens en pharmacie.»

La sécurisation du circuit des médicaments s'intègre dans un projet plus vaste. Le CHUQ voudrait implanter un système permettant l'identification du patient par un code à barres dès son arrivée à l'hôpital.

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