L'écart entre l'offre et la demande varie de 11 % à 21 %, selon un tableau obtenu de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) pour l'année 2010. Plusieurs dizaines de milliers de patients orphelins sont ainsi en attente d'un médecin de famille dans ces régions.
Selon Statistique Canada, le quart des Québécois âgés de 12 ans et plus n'ont pas accès à un médecin de famille bien que le Québec soit au troisième rang au chapitre du nombre d'omnipraticiens par 100 000 habitants. Au total, près de deux millions de citoyens sont orphelins de médecin de famille.
La situation ne semble pas vouloir s'améliorer. «Il faudrait que 50 % des étudiants inscrits en médecine choisissent la médecine de famille pour faire face aux besoins, alors que 45 % des postes dans les universités y sont consacrés. L'an passé, nous n'avons couvert que 38 % des postes. Si on continue comme ça, je ne sais pas comment nous ferons face à la demande», a affirmé au Soleil Louis Godin, président de la FMOQ.
Cette année, le premier des deux tours d'admission en résidence dans les quatre facultés universitaires de médecine a laissé 80 postes à pourvoir en médecine familiale, soit plus de 20 % des postes offerts.
Un peu plus de 180 postes de résidence en médecine familiale n'ont pas été pourvus depuis 2007. Si ces postes avaient été pourvus, ce sont quelque 200 000 Québécois de plus qui auraient pu être suivis par un médecin de famille.
Grand coup de barre
«Nous avons proposé un soutien au médecin de famille dans sa pratique, et que sa rémunération soit attractive. Il va falloir un méchant coup de barre pour corriger la situation», précise le président de la FMOQ. Il manquait, en 2009, 1100 médecins de famille au lieu de 1000 en 2008, selon la table de concertation des effectifs médicaux.
La demande pour les médecins de famille est due au mini baby-boom, au vieillissement de la population et à leur forte sollicitation dans les établissements.
«Il n'y a actuellement que 2000 médecins dans les groupes de médecine familiale [GMF] qui soutiennent les médecins. Il y en a encore 3000 qui travaillent dans leurs bureaux. C'est un modèle rigide qui n'est pas applicable partout. Il faut soutenir tous les médecins en médecine familiale, pas seulement ceux qui sont dans des GMF», souligne-t-il. Le Québec compte 16 % plus de médecins de famille que le reste du Canada, mais deux fois moins de ses citoyens y ont accès.










