Les médecins appuient les revendications des infirmières

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La porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), Régine Laurent

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

Dans un geste marquant, lundi, les syndicats de médecins, tant spécialistes qu'omnipraticiens, ont appuyé les revendications syndicales des infirmières.

Ce n'est pas tous les jours qu'on voit le président de la Fédération des médecins spécialistes, Gaétan Barrette, et le président de la Fédération des médecins omnipraticiens, Louis Godin, assis aux côtés de la présidente de la Fédération interprofessionnelle en santé, Régine Laurent, pour appuyer la cause des infirmières.

Celles-ci revendiquent davantage de postes à temps plein (40% des infirmières ont des postes à temps partiel ou sur appel) et des postes à temps complet de quatre jours. Elles veulent aussi de meilleures primes pour le travail de soir, de nuit et de fin de semaine. Et, tout comme le reste du secteur public, elles revendiquent des augmentations de 3,75% par année pendant trois ans.

Les deux représentants syndicaux des médecins ont confirmé que le principal problème qu'ils vivent, à l'heure actuelle, est la pénurie d'infirmières. Et s'il y a pénurie d'infirmières, c'est parce que leurs conditions de travail ne sont pas assez intéressantes, qu'elles sont débordées et qu'elles doivent faire des heures supplémentaires obligatoires, ont-ils convenu.

Les mains liées

Le président de la Fédération des médecins spécialistes a fait part de la volonté de ses membres d'opérer davantage de patients, de voir davantage de patients, mais ils ont les mains liées par le manque d'infirmières. «On ne peut plus en faire plus. Pourquoi? Parce qu'il manque de personnel aux étages aux soins et aux urgences», s'est plaint le docteur Barrette.

Au cours d'une rencontre conjointe avec la presse, les trois représentants syndicaux ont martelé que les solutions étaient connues et nombreuses et qu'il ne restait qu'à les appliquer: création de postes à temps complet, reconnaissance des infirmières praticiennes, ordonnances collectives, présence d'infirmières dans les groupes de médecine familiale, développement des soins à domicile, etc.

Le tout, disent-ils, est une question de choix politiques.

Par exemple, dans le cas des infirmières praticiennes, ces «super infirmières» qui peuvent ajuster elles-mêmes une médication ou prescrire elles-mêmes des examens, afin de dégager les médecins de certaines tâches, la formation poussée a bel et bien été donnée à certaines candidates, mais les postes ne sont pas affichés dans les établissements de santé, critique le docteur Barrette.

Besoins plus criants que la fécondation in vitro

Le docteur Barrette rappelle que le ministère de la Santé et des Services sociaux vient d'annoncer 80 millions$ à terme pour assurer la gratuité de la fécondation in vitro, pendant que d'autres besoins plus criants se manifestent dans le domaine de la santé.

«Quand c'est politiquement rentable on trouve l'argent. Quand ce n'est pas politiquement rentable, on laisse sécher les gens. Et, au bout de la ligne, on laisse sécher les patients», déplore le docteur Barrette.

«Si on payait les infirmières 'seniors' aux soins intensifs à la hauteur des monteurs de ligne, on en manquerait des infirmières, vous pensez aux soins intensifs? Pas mal moins! Le monteur de ligne à Hydro-Québec, il monte des lignes électriques; l'infirmière aux soins intensifs s'occupe des lignes de vie», a encore lancé le docteur Barrette.

Historique

La présidente de la FIQ, Régine Laurent, s'est dite «très émue» de ces appuis des syndicats de médecins. «C'est historique que les deux fédérations de médecins viennent appuyer les revendications des professionnelles en soins. C'est un moment historique, à la hauteur de l'urgence que nous ressentons qu'il faille régler les problèmes dans le système de santé.»

Elle a rappelé que 15 000 infirmières deviendront admissibles à la retraite d'ici trois ans. «En ce moment, il en manque bien moins que ça et on a des problèmes. Donc, il faut trouver des façons d'attirer des plus jeunes et de garder celles qui pourraient partir encore quelques années, pour nous aider à assurer la relève dans le système de santé», a affirmé Mme Laurent.

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