«Pour les soins critiques, il doit y avoir un différentiel de 20 % par rapport aux autres. Dans ma tête, c'est bien clair», a lancé hier le Dr Barrette en entrevue éditoriale au Soleil.
«Avec ça, demain matin elles vont se battre pour revenir dans le réseau et dès qu'elles auront terminé leur formation, elles vont rester parce que ça va devenir une job intéressante», a-t-il estimé.
La proposition permettrait, dit-il, de combattre la saignée des infirmières vers les agences privées et aiderait les médecins spécialistes qui profiteraient de plus de soutien.
Plus stressant
Selon le Dr Barrette, le manque de personnel infirmier est le plus criant dans le secteur des soins critiques, qui inclut les blocs opératoires, l'urgence et les soins intensifs. Ces domaines «au niveau d'action attirant» sont stimulants, mais aussi plus stressants, ce qui doit être payé à sa juste valeur, croit-il.
«C'est gênant de dire sur la place publique qu'on fait quelque chose d'important. Mais elles n'ont pas à être gênées, c'est vrai! Alors, à un moment donné, elles s'écoeurent parce que, pour le même revenu, elles pourraient faire quelque chose de plus confortable dans un autre secteur de l'hôpital. Ça n'a pas de sens!» a poursuivi le radiologiste connu pour son franc-parler. Présentement, le salaire moyen d'une infirmière au Québec est de 43 000 $.
Jointe hier, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, a accueilli la proposition du Dr Barrette avec le sourire. Et avec un grain de sel.
«Je comprends qu'il nous trouve pas assez gourmandes!» a-t-elle lancé au bout du fil en disant reconnaître le style «coloré» du président de la FMSQ.
«Je prends le 20 % du Dr Barrette comme une façon d'illustrer à quel point il nous appuie et que les médecins ne sont plus capables de fonctionner comme c'est le cas actuellement. Mais on reste sur les bases de ce qu'on a déposé, on ne fera pas de surenchère.»
Garder le cap
La FIQ garde donc le cap sur ses demandes, soit l'instauration du temps de travail des plus longues journées, mais sur quatre jours et des primes «pour compenser les inconvénients» plus intéressantes.
«Actuellement, quelqu'un qui travaille sur le quart de soir, ça lui donne à peu près quatre piastres de plus, c'est insignifiant», illustre Mme Laurent. Même chose pour celles qui travaillent une fin de semaine sur deux pour un maigre... six dollars, ajoute-t-elle.
Aux soins intensifs et à l'urgence aussi les primes doivent être beaucoup plus importantes. Mais pas de demande de 20 % d'écart comme le propose le Dr Barrette à l'horizon. «Nous, on fait le pari que ce qu'on a déposé comme projet pourrait régler bien des problèmes dans le réseau. Attirer des plus jeunes et retenir les plus expérimentées quelques années avant qu'elles prennent leur retraite.»
Lundi, le Dr Barrette, Mme Laurent et le président de la Fédération des omnipraticiens du Québec, le Dr Louis Godin, ont tenu une conférence de presse commune. Cette sortie, une première, avait pour but de montrer l'appui des médecins aux revendications des infirmières.






















