Cette précision a été donnée hier par le Dr Michel Bureau, du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), lors de l'étude des crédits du ministère.
Parce que les coûts de la fécondation in vitro (FIV) sont élevés, il est courant, a expliqué le médecin, de surstimuler la production d'ovules, ce qui a aussi des effets biologiques pour les femmes. Afin de les inciter à choisir des méthodes plus douces, Québec est donc prêt à payer plus longtemps. Et si en bout de ligne il y avait quand même production de plus d'un ovule pouvant être fécondé, les autres embryons pourront être conservés et implantés séparément - et gratuitement - en cas d'échec du premier essai. Le Dr Bureau a précisé que l'étape de conservation des embryons pour implantation ultérieure coûte très peu cher.
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a confirmé hier que la gratuité des services de procréation assistée, que le Québec est le premier à offrir en Amérique du Nord, sera effective à la fin du printemps ou au début de l'été. Les services de première ligne, comme l'insémination artificielle, les spermogrammes, la détection et la correction de l'endométriose, seront offerts dans toutes les régions.
Cliniques privées
La FIV, une intervention beaucoup plus spécialisée, sera quant à elle offerte à l'hôpital Royal Victoria, à Montréal, et dans trois cliniques privées (mais aux frais du gouvernement) de Montréal, de Sherbrooke et de Québec.
Tous les couples seront admissibles, y compris les couples de femmes. Le règlement s'adresse en fait à «toutes les femmes en âge de procréer».
Estimé à 32 millions $ la première année, ce nouveau programme devrait coûter à terme 80 millions $ annuellement. Toutefois, croit le ministre, il devrait s'autofinancer en bonne partie grâce à la réduction des grossesses multiples.
Présentement, celles-ci sont de l'ordre de 30 % dans les cliniques privées, à cause justement de l'implantation d'un nombre élevé d'ovules. Le ministre espère que ce taux tombera sous la barre des 10 %, et même à 5 %, comme c'est le cas dans certains pays européens. Il est démontré, dit-il, qu'une grossesse multiple accroît considérablement les risques d'accouchement prématuré et de complications ultérieures, parfois pour la vie entière, entraînant ainsi des coûts énormes pour la société.
Le ministre Bolduc a indiqué que la gratuité pourrait faire augmenter le nombre de naissances de 3000 par année.























