C'est lors d'une visite dans un hôpital pour enfants de Boston que le talentueux centre a réalisé la chance qu'il a eue. «J'ai vu un jeune qui était devenu quadraplégique à cause d'une mise en échec par l'arrière semblable à celle que j'avais reçue. Je me suis dit que c'était sûrement quelque chose qui aurait pu être évité.»
Après s'être impliqué dans diverses causes caritatives dans la capitale du Massachusetts, il profite maintenant du fait qu'il passe son été à Québec pour s'associer à un organisme de sa région natale encore peu connu : l'Association des traumatisés cranio-cérébraux (ATCC) des deux rives. Pour le hockeyeur de L'Ancienne-Lorette, il s'agit là d'une union naturelle.
Malgré ses 20 ans d'existence, l'ATCC manque de visibilité pour livrer son message, juge Marylène Bouchard-Verrette, éducatrice spécialisée. D'où l'intérêt de s'unir au joueur vedette. À elles seules, les statistiques sur le sujet convainquent de la nécessité de sensibiliser la population.
Le plus connu des traumatismes est la commotion cérébrale, dite TCC léger. Toutefois, les personnes atteintes d'un TCC modéré ou sévère peuvent en garder des séquelles permanentes. D'ailleurs, 70 % des gens qui en subissent un sont jugés inaptes au travail, prévient Mme Bouchard-Verrette. Le pourcentage de victimes par cause varie selon le groupe d'âge. Chez les 18 ans et moins, 29 % subissent un TCC en pratiquant un sport et 24 % dans un accident de la route.
«On n'a pas deux têtes, on en a juste une», insiste Patrice Bergeron. Il réaffirme l'importance pour les jeunes de bien se protéger lorsqu'ils pratiquent leur sport favori. Que ce soit à vélo ou en planche à neige, le port du casque est essentiel. Et pour les adeptes du hockey, il les enjoint de mesurer la portée de leurs gestes.
«Il faut penser aux conséquences de nos actes. Il ne faut pas oublier qu'on joue en premier lieu pour s'amuser. Quand on est jeune, il y a toujours l'adrénaline du moment qui entre en ligne de compte. Personne ne voudrait se retrouver dans la situation inverse [du joueur étendu sur la patinoire]», lance-t-il, en référence aux coups salauds qui défraient les manchettes.
On n'a qu'à penser à l'affaire Patrice Cormier, des Huskies, suspendu pour avoir asséné un coup de coude au visage du Remparts Mikaël Tam, la saison dernière. Pour sa part, Bergeron avait raté 72 matchs en 2007-2008 après la mise en échec douteuse de Randy Jones, des Flyers. Le défenseur avait été suspendu deux matchs.
«Ça a été une grosse épreuve», reconnaît Bergeron, qui a mis un an à s'en remettre. Il dit avoir réussi «à mettre ça de côté». Même s'il est parfois plus méfiant dans certaines phases de jeu, il affirme sauter sur la glace sans crainte.
Patrice Bergeron sera samedi au Pavillon des sports de Loretteville pour une journée de sensibilisation sur le TCC qui se déroule de 11h à 16h. Sur place, il y aura des témoignages de gens victimes d'un traumatisme et la présentation de parties amicales de hockey-balle. Des hot-dogs gratuits seront servis et le hockeyeur participera à une séance de signature d'autographes. L'entrée est gratuite.
Retour des Nordiques : un peu plus de concret, svp
Rencontrer Patrice Bergeron sans lui parler de l'effervescence qui règne dans la capitale sur le retour éventuel des Nordiques serait péché capital. Celui-ci s'enthousiasme à l'idée que Québec puisse revenir dans le giron de la Ligue nationale de hockey.
«C'est déjà plaisant jouer à Montréal devant des amis et la famille, imaginez revenir à Québec. Ça serait super», s'exclame-t-il.
Mais au-delà de souhaiter le retour des Nordiques, y croit-il vraiment? «Je pense sincèrement qu'il y a un marché pour une équipe de hockey à Québec. Actuellement, ça jase beaucoup et on entend toutes sortes de choses. Je vais attendre de voir que des gestes encore plus concrets sont posés avant de me réjouir.»











