En entrevue téléphonique, le Dr Daniel Bélanger plaide pour une révision du système, en s'inspirant de ce qui se fait en Ontario.
Chaque hémato-oncologue peut compter sur le support d'un médecin généraliste et d'une infirmière praticienne pour assurer le suivi du traitement, dit-il. Ce faisant, le spécialiste peut rencontrer plus rapidement les nouveaux patients et s'occuper davantage des cas plus complexes.
Le Dr Bélanger ne se fait toutefois pas d'illusion, puisque le Québec vit aussi une pénurie de médecins généralistes. Il mise par contre sur la venue d'infirmières praticiennes, qui peuvent poser des actes plus spécialisés. Des discussions doivent avoir lieu à ce sujet cet automne avec l'Ordre des infirmières.
Déjà, remarque-t-il, l'arrivée des infirmières pivots, qui font le lien entre les patients et les services médicaux, a permis d'améliorer la situation des patients.
Un avis que partage le directeur des services professionnels du CHUQ, le Dr Louis Couture, qui estime lui aussi venu le temps de réviser le modèle de soins.
«L'oncologie explose», constate également le chef du département d'hématologie, le Dr Robert Lepage. Il y a huit ou 10 ans, dit-il, la moitié de ses patients auraient été en soins palliatifs, Aujourd'hui, ils survivent et sont en soins actifs. Et c'est sans compter la subtilité croissante des traitements, devenus aussi divers que les malades eux-mêmes.
Pénurie provinciale
La pénurie en hémato-oncologie est si aiguë qu'elle est reconnue par le ministère de la Santé, qui en fait une spécialité prioritaire dans le recrutement, explique le Dr Daniel Bélanger.
Dans les faits, cela veut dire 16 ou 17 nouvelles recrues par année, pour une formation qui demande au minimum six ans de spécialisation après le cours de médecine... Si bien que le problème ne se réglera pas demain. «Il faudra au moins cinq à 10 ans», croit le président.
Il y a environ 220 médecins actifs dans l'association qui regroupe deux spécialités. Parmi eux, une vingtaine sont «seulement» oncologues médicaux, une soixantaine sont hématologues (maladies du sang en général), et environ 140 combinent les deux formations.
Ce qui est par ailleurs dramatique, selon le président, c'est ce que cache la pénurie. Car comme les cas urgents sont toujours vus en priorité, ceux qui ne le sont pas vivent des temps d'attente très longs.
«Quelqu'un qui fait de l'anémie peut attendre un an. Peut-être que c'est un problème mineur, mais peut-être aussi que ça masque un problème plus grave», déplore-t-il.













