La médiatisation récente de quatre cas de suicide chez des infirmières du CHUQ, lequel englobe L'Hôtel-Dieu de Québec, Saint-François d'Assise et le CHUL, aura eu pour effet de secouer tant la direction que les syndicats. Bien que personne ne fasse de lien direct entre ces suicides et le travail proprement dit, tous s'entendent pour dire qu'il faut réduire les «irritants» au travail. Et en tête de liste, dit Pascale Saint-Pierre, porte-parole de la direction, il y a les heures supplémentaires obligatoires.
Un groupe d'infirmières du service d'obstétrique de Saint-François d'Assise signait justement une lettre sur cette question dans notre page d'opinion d'hier. En entrevue téléphonique, l'une d'elles, Renée Thériault, dit avoir fait des heures supplémentaires obligatoires à trois reprises dans la seule semaine du 10 août. Après son temps normal de travail de minuit à 8 h, elle est restée deux fois jusqu'à midi et une fois jusqu'à 14h30. Le découragement est profond, dit-elle. La lettre peut toujours être lue à l'adresse cyberpresse.ca/le-soleil, dans la section Points de vue.
Les heures supplémentaires obligatoires ont pourtant été identifiées comme une «priorité organisationnelle» en début d'année, selon Mme Saint-Pierre, mais il faut constater que le problème perdure dans les services critiques, urgences, soins intensifs et obstétrique en particulier. Le nombre d'infirmières auxiliaires est passé de 80 à 220, mais il manque toujours 125 infirmières aux 2700 actuelles pour les trois hôpitaux, dit-elle.
Lors de la rencontre qui aura lieu vers la fin du mois, «on veut établir ce qui doit être fait», note-t-elle. La direction regarde par contre déjà comment le programme d'aide aux employés pourrait être bonifié. Et d'ici la fin décembre, les infirmières seront consultées pour savoir quelles sont leurs propres solutions.
Pour sa part, la présidente des infirmières du CHUQ, Nancy Bédard, a mentionné au Soleil avoir l'intention d'être «très stricte sur les mesures et surtout sur les résultats». Elle compte aussi faire une demande pour un programme de sentinelles, ces personnes spécialement formées pour détecter la détresse dans leur environnement de travail.
Mme Bédard dit sentir une réelle volonté de la direction du CHUQ d'améliorer le bien-être des infirmières.











