Déménager l'hôpital de Baie-St-Paul, un défi de taille

Les employés devront déménager d'ici 12 mois, mais...

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Les employés devront déménager d'ici 12 mois, mais de façon temporaire. C'est le cas du personnel de l'urgence.

 

Sylvain Desmeules, collaboration spéciale
Le Soleil

(Baie-Saint-Paul) Déménager 59 lits de longue durée et 42 lits de courte durée dans un milieu comme Baie-Saint-Paul n'est pas une mince tâche. Mais si ce n'était que ça. C'est aussi le service d'urgence, le bloc opératoire, les consultations externes, les services spécialisés, les équipements, les 450 employés dont le port d'attache est Baie-Saint-Paul dont il faut s'occuper, tout ça en moins de 12 mois.

«Il nous faudra être inventifs pour maintenir les services dans Charlevoix, être capables d'avoir un plan de relocalisation, et dans la région autant que possible», admet le Dr Pierre Carrier, directeur des soins professionnels.

«Si des services devaient être offerts dans la région de Québec, il s'agirait d'une situation de dernier recours et, surtout, temporaire», a promis à son tour le directeur Guy Thibodeau.

Le Dr Jacques Bouchard, qui préside le comité des médecins, dentistes et pharmaciens, avertit qu'avec «la pénurie d'effectifs et la prestation de services qui fonctionne déjà à 120 % sur la majeure partie de nos activités, comme l'urgence ou la consultation externe, on ne pourra pas à La Malbaie [seul autre hôpital de Charlevoix] absorber le surplus de clientèle. C'est absolument impensable».

Le ministre Bolduc a admis que l'histoire au Québec ne pouvait pas fournir d'aide, puisque jamais on a vidé un hôpital pour le démolir et en reconstruire un. Il a confirmé une aide spéciale pour le redéploiement temporaire des services. «Je peux assurer que la population ne sera pas pénalisée pour un événement hors de son contrôle et hors de notre contrôle», a-t-il dit.

Les gestionnaires planchent déjà sur plan d'action. Les autres hôpitaux seront mis à profit notamment pour les activités opératoires, secteur impossible à déplacer temporairement.

Ce qui préoccupe également le Dr Bouchard, c'est la réaction du personnel. «Pour maintenir le moral des troupes, il faudra s'assurer de renforts et surtout ne pas perdre d'expertises durant cette période, c'est tout un défi. Ma crainte, c'est de perdre entre 20 à 30 % de nos effectifs en raison de nos conditions», a-t-il dit.

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