«Certains chercheurs disent qu'en travaillant en français, leurs travaux ne seront ni consultés ni reconnus par leurs collègues anglophones, mais je crois qu'il ne revient pas uniquement aux chercheurs francophones de se plier à la majorité», a déclaré M. Fraser aux Midis de l'Acfas, l'Association francophone pour le savoir, qui tient son 77e congrès.
Les organismes qui subventionnent la recherche, estime-t-il, ont un rôle à jouer dans la promotion des langues officielles et doivent s'assurer que ceux qui évaluent les demandes de subvention ont une connaissance minimale du français. «Ils doivent tenir compte de leur situation minoritaire et leur permettre de faire leurs recherches dans leur langue. Il est indéniable que vos recherches en français contribuent à vitalité des communautés francophones», a déclaré M. Fraser à Ottawa devant un parterre d'universitaires.
Le commissaire aux langues officielles a par ailleurs refusé de s'inquiéter de la proportion déclinante de francophones au Canada, et en particulier hors du Québec.
Défis
«Si on parle en termes de masse critique plutôt que de pourcentage, on voit qu'il y a plus de gens qui parlent français que jamais dans l'histoire du Canada, et qu'il y a plus de services en français que jamais, a fait valoir M. Fraser. Mais ça ne veut pas dire, bien sûr, qu'il n'y a pas de défis et que tous les services sont rendus immédiatement dans tout le pays.»
Quand Le Soleil lui a souligné qu'à l'extérieur du Québec, en 2001, 38 % de ceux dont la langue maternelle est le français parlent anglais à la maison, M. Fraser a admis que beaucoup de communautés francophones ont besoin de l'immigration pour se maintenir.
«Il y a des défis à être minoritaire, c'est un fardeau n'importe où dans le monde», a-t-il dit, en comparant leur situation à celle des anglophones de la ville de Québec.
Vitalité linguistique
Le bureau du commissaire a, plus tard dans la journée, longuement insisté auprès du Soleil sur le fait qu'il s'agit là d'un indicateur de vitalité linguistique datant des années 70 et que des recherches subséquentes auraient par la suite démontré que le français peut se transmettre d'une génération à l'autre même s'il n'est pas la langue principale du foyer.
Vérification faite, cependant, il semble que même Statistique Canada utilise toujours cet indicateur pour mesurer les «transferts linguistiques» - du moins, à en juger par une page de son site datant de 2007.











