L'astronaute canadien nous parle depuis Houston, Texas. Il vient à peine de descendre de l'avion qui le ramène d'Europe centrale où, depuis un an, il s'entraînait avec Bob Thirsk, comme astronaute de relève.
«J'ai complété mon travail et j'étais très heureux de voir Bob partir. Il est astronaute depuis 26 ans et c'est seulement sa deuxième mission dans l'espace. Je serai prêt quand mon tour reviendra...»
Chris Hadfield a participé à la construction de Mir, en 1995, et en 2001, il a réalisé des sorties dans l'espace pour l'installation du bras robotique sur la Station spatiale internationale (SSI).
Selon lui, la SSI réserve encore des surprises à Julie Payette, qui n'est pas allée là-haut depuis 10 ans. «Elle va être surprise par les dimensions de la station. C'est énorme maintenant, comme deux Boeing 747.»
Fierté et confiance
Une mission spatiale commence d'abord dans un climat de confiance, observe l'astronaute. «C'est comme si vous étiez devant l'examen le plus difficile de votre vie, avec la conviction que vous connaissez toutes les réponses. Vous avez hâte de commencer. Et cette confiance ne fait que grandir au fur et à mesure que vous remplissez vos tâches. Vous pouvez enfin faire les choses auxquelles vous avez décidé de consacrer votre vie entière. Ça provoque un grand sentiment de joie et de fierté.»
S'ajoute à cela la griserie de l'apesanteur : «Vous volez en totale liberté, dans la navette d'abord, et puis dans la station spatiale. C'est un jouet merveilleux dont on ne se lasse jamais. À chaque fois que votre regard s'arrête devant une fenêtre, le monde entier défile sous vos yeux. Tous les lieux dont vous avez entendu parler depuis votre naissance apparaissent et disparaissent, comme un cadeau qu'on ne finit jamais de déballer. Cette combinaison entre le travail complexe que vous avez mis des années à assimiler, la beauté incroyable de la planète et la liberté magique de l'apesanteur, c'est enivrant!»
On comprend qu'il espère vivre à nouveau cette expérience, mais en attendant, il prévoit travailler à un projet stimulant : le retour sur la Lune.
«Je m'attends à travailler au concept du prochain module lunaire et du véhicule d'exploration. On construit déjà la fusée et la capsule qui nous amèneront là-bas. J'ai fait beaucoup de travail en robotique, sur les stations spatiales russe et internationale. J'espère apporter une contribution qui permettra au Canada de participer à ce projet.»
Mais ce n'est pas la Lune qu'il convoite pour une prochaine mission. Il aimerait plutôt prendre les commandes de la station spatiale.
«J'ai rêvé de marcher sur la Lune. J'avais neuf ans quand Apollo 15 s'y est posé, voilà 40 ans cette année. Mais après mon entraînement comme remplaçant de Bob Thirsk, je voudrais vraiment aller vivre dans la station spatiale. J'ai suivi l'entraînement de commandant de la station et j'aimerais bien avoir l'occasion de diriger un jour cette magnifique structure.»










