Le Moulin 2.0

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Jean-François Cliche
Le Soleil

(Québec) On savait déjà que la première mouture du Moulin à images était ambitieuse, c'est le moins qu'on puisse dire... On sait moins, cependant, qu'installer pour cinq ans l'équipement du «Moulin 2.0», dont les représentations ont débuté vendredi, s'est avéré une entreprise au moins aussi considérable du point de vue technique. Petite visite au coeur d'un moulin diablement branché.

Le principal «tour de force, dit Mario Brien, directeur technique du Moulin à images, c'est de monter un événement aussi gros en aussi peu de temps. On a commencé à travailler dessus en janvier. Normalement, un projet de cette envergure-là devrait prendre deux ans à se faire, mais nous, on va l'avoir fait en quatre mois».

Dans les semaines les plus intenses, une centaine de personnes travaillaient simultanément à la préparation du Moulin, «en comptant les entrepreneurs», précise M. Brien, qui ajoute toutefois qu'il est difficile d'évaluer combien de gens ont mis la main à la pâte.

Et si c'est plutôt en dollars que l'on veut mesurer ce projet surdimensionné, on compte un budget de 20 millions $ sur cinq ans.

Or, à part «certains acquis» de l'an dernier, poursuit M. Brien, l'aspect technique du Moulin était loin d'être aussi rodé que son contenu, dont environ 20 % a été changé. «Vu qu'on est là pour cinq ans, les installations sont permanentes, explique M. Brien. [...] L'an dernier, on a installé nos choses un peu comme si on assemblait une scène pour un festival et qu'on la démontait à la fin de l'été. Cette année, c'est comme si on venait construire un théâtre.»

Coulées dans le béton

Une partie des installations du Moulin sont maintenant carrément coulées dans le béton, à commencer par plusieurs des 15 cabines abritant les 27 projecteurs du spectacle. Certaines d'entre elles sont montées à huit mètres du sol, sur des colonnes d'acier dont la base est prise dans trois mètres sur trois de béton, sur quatre mètres de profondeur, dit M. Brien. De telles précautions sont nécessaires, explique-t-il, pour éviter que les cabines (et donc les images) ne bougent par grand vent.

Transmission optique

Des kilomètres de fils électriques et de fibre optique ont été enterrés le long de la rue Dalhousie et sous l'écluse du bassin Louise pour relier la régie centrale, sur la rive sud du bassin, à la régie vidéo, sur la rive nord, et aux autres morceaux d'équipements. Dans cette régie vidéo, une humble cabane préfabriquée, pas moins de 50 serveurs sont empilés dans une même pièce. «Tous les serveurs vidéo sont en double, dit M. Brien. Comme ça, s'il y en a un qui a un problème, l'autre prend le relais, et les images sont projetées quand même.»

Dans la pièce d'à côté, les régisseurs ont les yeux partout, littéralement, grâce à la vingtaine d'écrans qu'ils ont devant eux.

Il va sans dire qu'avec une telle orgie d'appareils électriques, dont plusieurs demandent une bonne puissance, les installations d'Ex Machina sont le paradis de la climatisation, la seule salle des serveurs en comptant quatre.

Des fichiers très lourds

Mais pour Marie Belzil, qui a coréalisé le documentaire Dans le ventre du Moulin avec son conjoint Mariano Franco, le plus impressionnant a été «le poids des [documents informatiques] avec lesquels ils travaillaient. Comme ils projetaient leurs images en 20 000 pixels de large, il y a des vidéos de quelques secondes qui pesaient des centaines de gigs» (gigaoctets, Go), a-t-elle dit au Soleil cette semaine. Par comparaison, notons qu'un cédérom standard ne peut contenir qu'entre 650 et 900 mégaoctets, soit moins de 1 Go.

Certains fichiers étaient si lourds que, dans des cas extrêmes, un ordinateur pouvait mettre deux semaines pour accomplir une tâche, illustre Mme Belzil, qui fait elle-même partie de l'équipe Ex Machina.

L'adjointe aux communications du Moulin, Chantal Duplain, a précisé au Soleil que le spectacle au complet «pèse» 40 000 gigaoctets et que le clip le plus lourd fait 700 Go.

C'est d'ailleurs en partie à cause de la lourdeur des fichiers informatiques que de la fibre optique a été utilisée au lieu d'une technologie sans fil. «Le sans-fil, dit M. Brien, c'est plus instable. Il peut y avoir de l'interférence, et ça ne peut pas transmettre des gros fichiers aussi rapidement.»

Sonorisation

En ce qui concerne le son, une «zone sonorisée» de 800 mètres de large a été aménagée sur les quais de feu l'Espace 400e, soit un peu moins que le 1,2 kilomètre de l'an dernier. En conférence de presse, lundi, Robert Lepage a expliqué vouloir «sonoriser de façon plus citoyenne», afin de ne pas déranger les habitants du secteur. Le son provenant de la rive nord du bassin Louise, qui avait provoqué bien des plaintes l'an dernier, a également été coupé de moitié, passant de quatre à deux sources sonores. On pourra également écouter le Moulin sur la bande FM 97,5.

Évidemment, le fait de cons­truire du permanent plutôt qu'une «scène de festival» implique que les travaux se sont faits selon les normes de sécurité de l'industrie de la construction. Une étude d'impact?environnemental?a même été commandée, histoire d'être sûr...

Enfin, bien qu'on l'oublie parfois, dit M. Brien, rien de tout cela n'aurait été possible sans la collaboration de la Bunge et du Port de Québec, dont les installations ont été quelque peu «envahies» par le Moulin. «Ils ne nous chargent pas de loyer pour ça, c'est gratuit.»

Ainsi, l'«annexe B» de la Bunge, qui sert d'écran principal, accueille l'antenne FM pour la diffusion de la bande sonore ainsi que 24 générateurs de fumée. Et c'est sans compter les 238 appareils d'éclairage installés tout en haut des silos, et les trois cabanons qui ont été construits sur lesdits silos pour ranger du matériel d'éclairage.

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer