Le moteur diesel-eau tient ses promesses

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Le moteur diesel-eau tient ses promesses

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Les moteurs à l'eau et au diesel permettront d'économiser des dizaines de milliers de litres de diesel cet été, affirme Pierre Tremblay. La performance sur le plan environnemental est encore plus probante. La production d'oxydes d'azote, qui est la cause des pluies acides, a diminué de 80 %.

Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) Les trois moteurs fonctionnant au diesel et à l'eau du bateau d'excursions aux baleines Grand Charlevoix tiennent leur promesse, ou presque. Depuis le début de la saison des croisières sur le Saint-Laurent, il y a maintenant trois semaines, la consommation de carburant du bateau a diminué entre 22 et 26 %. On avait prévu des gains de l'ordre de 30 %.

«Plus la distance et la vitesse sont élevées, meilleure est l'économie de carburant. Ça varie d'une journée à l'autre, mais jusqu'à maintenant, nous sommes très satisfaits. Nous économiserons des dizaines et des dizaines de milliers de litres de diesel cet été», a commenté, mardi, le vice-président de Croisières Charlevoix, Pierre Tremblay.

La performance sur le plan environnemental est encore plus probante. La production d'oxydes d'azote, qui est la cause des pluies acides, a diminué de 80 %. «Avec les moteurs au diesel et à l'eau, il n'y a plus de boucane noire à l'arrière du bateau. Le système ajouté aux moteurs diesels pour utiliser l'eau agit comme un pot catalytique», a-t-il affirmé.

M. Tremblay n'hésite pas à dire que l'alimentation des moteurs au diesel et à l'eau fait du Grand Charlevoix le bateau le plus écologique dans la région.

Pourtant, le système d'alimentation diesel-eau du moteur n'est pas nouveau. «Ça existe depuis que Rudolf Diesel a développé le moteur diesel en 1902. Nous n'avons pas la paternité de ce système. On l'a simplement adapté. Je me demande même pourquoi il n'est pas plus utilisé aujourd'hui», a indiqué Sylvio Thibault, président de la firme Recherches et Travaux maritimes constructions (RTMC).

C'est cette firme, dont les bureaux sont situés à Québec et l'atelier de fabrication à Petite-Rivière-Saint-François, qui a développé le système d'alimentation en eau sur le Grand Charlevoix et qui a aussi construit le bateau. La chaleur développée par le moteur diesel provoque une réaction chimique sur l'eau, qui est alors séparée en hydrogène et en oxygène. L'hydrogène est par la suite brûlé pour produire de l'énergie. Cette combustion permet aussi d'éliminer une grande quantité d'oxydes d'azote produits par le diesel. En bout de ligne, le moteur est plus propre, ce qui prolonge sa durée de vie.

Et les autos?

L'eau pourrait être utilisée pour faire rouler des automobiles, mais le rendement serait moindre. «Il y a des économies potentielles de 10 % de carburant. C'est moins élevé parce que les moteurs à essence développent moins de chaleur que les moteurs diesels. Il y a aussi le fait que le régime du moteur d'une auto n'est pas constant comme celui d'un navire», a expliqué M. Thibault.

Le patron de RTMC voit davantage de possibilités du côté des camions et des autobus long courrier. L'ajout d'un système d'alimentation en eau à un moteur diesel neuf coûterait autour de 2500 $.

Un des produits vedettes de la firme qui se spécialise dans l'économie de carburant est un système de propulsion à jet pour des bateaux de taille moyenne.

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