Endeavour: un bras robotique contrôlé du sol... québécois

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Pierre Asselin
Le Soleil

(Québec) Il n'y a pas que les astronautes qui manipulent le bras robotique de la Station spatiale internationale (SSI). Les contrôleurs au sol peuvent eux aussi déplacer le bras à leur guise, et même à partir de Saint-Hubert PQ.

Le siège social de l'Agence spatiale (ASC) comprend en effet son propre centre d'opérations pour la robotique spatiale, indique le directeur général opérations de l'ASC, Benoît Marcotte.

«Les bras robotiques peuvent être contrôlés à partir de Houston, mais aussi de Saint-Hubert. Nous avons des contrôleurs de mission ici. On pensait au début que seuls les astronautes en orbite pourraient manipuler le bras, mais on s'est rendu compte qu'on pouvait faire beaucoup à partir du sol. Au début, on n'avait aucune expertise en mission control, mais on l'a développée à Houston et depuis 2005 on a implanté cette expertise-là à Saint-Hubert.»

Pendant les 16 jours de la mission STS-127, trois quarts de travail de trois personnes chacun vont se relayer jour et nuit pour les opérations du bras robotique.

Les contrôleurs canadiens sont parfaitement intégrés à l'équipe de contrôle de mission robotique de la NASA, explique Mathieu Caron, superviseur des contrôleurs de mission de l'ASC. Sur les 30 personnes qui forment l'équipe de la NASA, 10 sont Canadiens, certains travaillent à Houston, d'autres à Saint-Hubert.

Les manoeuvres des bras sont parfois très complexes. C'est un ballet spatial qui doit d'abord être chorégraphié au sol, à l'aide des simulateurs de l'agence spatiale à Saint-Hubert.

«On écrit la procédure à suivre. Comme ça, quand les astronautes ont à manipuler le bras, ils ne se cassent pas la tête, ils exécutent la procédure, explique M. Caron. Pour la mission de Julie Payette, on a passé des mois à se préparer.»

C'est un travail passionnant, ajoute-t-il, surtout quand les contrôleurs peuvent opérer eux-mêmes le bras. «Le plus intéressant, c'est quand c'est nous qui prenons les commandes à partir du sol. On a effectué des opérations pour amener le bras à sa position de départ pour la mission. On l'a déplacé d'un bout à l'autre de la station. Il fallait aussi éloigner le ?dextre? [manipulateur agile spécialisé] qui est normalement à l'extrémité du bras, pour qu'il ne nuise pas aux manoeuvres prévues. On a tout fait ça du sol pendant que les astronautes étaient occupés à autre chose. Ça s'est fait de Houston, mais d'autres manipulations seront faites à partir d'ici pendant la mission.»

Cette mission sera d'ailleurs la plus complexe jamais effectuée en robotique, selon lui.

«On l'a déjà fait, mais jamais autant. Le nombre quotidien d'opérations est très élevé. Le bras de la navette doit prendre de l'équipement et le présenter ensuite au bras de la SSI. On appelle ça une ?poignée de mains? quand on s'échange de l'équipement. On prévoit en faire une dizaine pendant cette mission.»

L'installation du module japonais demandera en outre la coordination entre le centre de contrôle au Japon, celui de Houston et de Saint-Hubert, en plus de la navette et la station spatiale. «Il ne faut pas laisser tomber le morceau avant que l'autre le tienne fermement...»

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