Après cinq tentatives échouées, la météo a finalement coopéré et a permis à la navette de prendre son envol du pas de tir en bord de mer.
Mais environ deux minutes après le décollage, l'on s'inquiétait déjà d'images montrant des débris qui semblaient provenir du réservoir de carburant et qui auraient potentiellement heurté le ventre de la navette.
Les représentants de la NASA ont par la suite précisé qu'il s'agissait de morceaux d'isolant en mousse et que l'écran thermique de la navette, qui est très fragile, avait été touché à deux ou à trois reprises. Des ingénieurs ont immédiatement procédé au visionnement de la vidéo de lancement de la navette. Mais ils auront besoin de quelques jours pour terminer l'évaluation et effectuer d'autres tests afin de s'assurer qu'il n'y a pas de problème, a indiqué le président de l'équipe de gestion de la mission, Mike Moss.
La quantité de débris aperçue lors du lancement d'Endeavour est considérée comme inhabituelle.
Le décollage d'Endeavour avait quelque chose d'émouvant : il s'est déroulé à la veille du 40e anniversaire de la mission Apollo 11, qui a permis à un homme de marcher sur la Lune.
La mission de 16 jours de Julie Payette constitue son deuxième voyage dans l'espace, puisqu'elle était à bord de Discovery en 1999. C'est également la 16e fois qu'un Canadien s'envole dans l'espace.
«Il n'y a rien de routinier dans le fait de se tenir à côté d'une navette spatiale ou d'être bouclée à l'intérieur, c'est un immense privilège et c'est plutôt extraordinaire», a affirmé Julie Payette, lors d'un entretien téléphonique, quelques heures avant le décollage de la navette.
«C'est un véhicule absolument magnifique, c'est incroyable», a ajouté l'astronaute.
Deux canadiens
La mission de 16 jours d'Endeavour marquera un moment important dans l'histoire spatiale canadienne, puisque ce sera la première fois que deux Canadiens sont dans l'espace en même temps. Julie Payette ira rejoindre son compatriote Robert Thirsk, qui se trouve à bord de la Station spatiale internationale (ISS) depuis la fin mai pour un séjour de six mois.
Cette mission a été reportée à cinq reprises - deux fois en juin, en raison de fuites d'hydrogène qui ont depuis été colmatées, puis trois fois la semaine dernière en raison d'orages électriques qui faisaient rage près du Centre spatial Kennedy.
Mais l'astronaute canadienne n'était pas inquiète, mercredi, à l'idée que le décollage aurait pu être une nouvelle fois reporté en raison d'orages. Selon la montréalaise de 45 ans, il fallait s'attendre à cela puisque ce sont des conditions météorologiques normales en Floride à la mi-juillet.
Lors d'un entretien téléphonique avec ses collègues de l'Agence spatiale canadienne, Julie Payette a affirmé que c'était néanmoins toujours décevant de voir la mission reportée. «Mais cela fait partie de leur entraînement, ils comprennent très bien que des fois, il faut que toutes les conditions soient réunies pour assurer un décollage sécuritaire», a ajouté le contrôleur de mission pour l'Agence spatiale canadienne, Mathieu Caron.
Endeavour doit livrer et installer les dernières composantes du laboratoire japonais Kibo, d'une valeur de 1 milliard $US. La navette ramènera enfin sur Terre un astronaute japonais qui se trouve à bord de la station spatiale depuis le mois de mars.
Lorsque la navette arrivera à la station, ce sera la première fois que 13 personnes se trouveront au laboratoire spatial et Julie Payette sera la seule femme.
Son mari, Billie Flynn, a affirmé que le lancement d'une navette n'a jamais cessé de l'impressionner, même s'il a pu en voir plusieurs.
«C'est très inspirant», a dit le pilote de chasse.










