Un lobby pour ramener Pluton parmi les planètes

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Un lobby pour ramener Pluton parmi les planètes

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Pluton, Charon et une de ses lunes (vue d'artiste)

Wikipedia

Jean-François Cliche
Le Soleil

(Québec) Trois ans après avoir perdu son statut de «planète à part entière», Pluton semble avoir peu de chan­ces de retrouver son prestige d'antan, croient les astrophysiciens interviewés par Le Soleil, en dépit d'un récent bruit médiatique.

À l'ouverture de l'assemblée annuelle de l'Union astronomique internationale (UAI), qui se poursuit jusqu'au 14 août, la question se pose : les astronomes reviendront-ils sur leur décision de 2006? Dans le New Scientist et dans Science et Avenir, des articles parus au cours des derniers jours en font un débat «en cours» et suggèrent qu'un revirement demeure possible, mais des astrophysiciens du Québec en doutent fort.

«Mon impression, dit Yvan Dutil, membre associé du Centre de recherche en astrophysique du Québec, c'est que le problème est surtout parti des États-Unis, pour des raisons politiques. Pluton était la seule planète découverte par un Américain [Clyde W. Tombaugh, du Lowell Observatory en Arizona, en 1930], et les États-Unis ont envoyé la sonde New Horizons vers Pluton [en 2006].»

Mais autrement, dit-il, la littérature scientifique fait peu état de cette question, et les autres spécialistes joints par Le Soleil partagent cet avis. «Ce n'est pas au programme de l'assemblée de l'UAI, mais c'est clair que ça va revenir dans les discussions de corridor», dit Robert Lamontagne, directeur exécutif de l'Observatoire du mont Mégantic. «Il y a une espèce de lobby qui est encore assez fort, surtout du côté des États-Unis.»

Nouvelle catégorie

M. Lamontagne croit qu'il est difficile de prédire si Pluton sera réadmise parmi les vraies planètes, «mais je ne gagerais pas là-dessus». À bien des égards, souligne-t-il avec son collègue Dutil, Pluton est très différente des autres planètes - notamment par l'inclinaison de son orbite, qui la place à part des autres. «Alors, j'étais plutôt content quand on a créé une nouvelle catégorie», dit-il.

Rappelons qu'en août 2006, l'UAI a établi des critères pour qu'un objet puisse être appelé «planète», dont celui d'être suffisamment massif pour que sa propre gravité lui donne une forme sphérique et lui ait permis d'éliminer tout corps se déplaçant sur une orbite voisine. C'est cette dernière condition que Pluton ne satisfait pas, ce qui la relègue à la catégorie des «planètes naines».

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