Prévenir l'imprévisible: quand la science fait face au risque

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Prévenir l\'imprévisible: quand la science fait face au risque

Agrandir

Les modèles climatiques sont basés sur des processus physiques et non pas sur des réactions humaines, comme l'est le monde des finances, encore moins prévisible.

Photothèque Le Soleil

 

Pierre Asselin
Le Soleil

(Québec) Quelle est notre attitude face au risque? Nassim Taleb répond par une fable : une dinde dresse des statistiques depuis sa naissance, prouvant que les humains la nourrissent chaque jour, sans exception. Elle conclut à une très faible probabilité d'un danger provenant des humains. Mais un beau matin de décembre, quelque chose d'imprévu se produit...

Nassim Nicholas Taleb a publié en 2007 Le cygne noir : la puissance de l'imprévisible, qui a remporté un succès énorme. Son livre repose sur l'idée que les événements aléatoires et hautement improbables sont aussi ceux qui ont le plus d'effet sur notre vie.

Il encourage ses lecteurs à se préparer, à défaut de le prévoir, à l'imprévisible afin de saisir les occasions qui en surgissent.

Même si la malheureuse dinde est une meilleure métaphore pour son propos, l'auteur a plutôt choisi le cygne noir pour incarner l'imprévu. Avant qu'un naturaliste anglais découvre le premier spécimen en Australie, en 1790, tous croyaient que les cygnes étaient blancs, sans exception.

Selon la définition qu'en fait Taleb, un «cygne noir» est un événement qui répond à trois conditions : il est imprévisible; il engendre des conséquences majeures; on lui trouve, après coup, une explication afin de lui donner une apparence de prévisibilité.

Étudier le passé

Comment vivons-nous, donc, l'imprévisible? Quoi qu'en pense Nassim Taleb, on n'a guère le choix que de commencer par étudier le passé. «La notion de risque est fondamentale dans notre gestion des aléas climatiques», rappelle Alain Mailhot, chercheur à l'INRS Eau, Terre, Environnement.

«Quand on parle de risques, on peut voir des similitudes entre le monde financier et le climat, mais les modèles climatiques sont basés sur des processus physiques, pas sur des réactions humaines, comme aller encaisser un profit ou vendre ses actions.»

Les chercheurs utilisent des modèles climatiques complexes, dit-il, et il faut constamment les mettre à jour, à partir de nouvelles observations. «On simule le futur climatique à partir de tout ce qu'on sait de la physique, de la chimie. On simule la Terre, puis on met les gaz à effet de serre là-dedans et on regarde ça évoluer.»

La gestion de risque doit se faire de façon méthodique, indique aussi Caroline Larrivée, coordonnatrice du volet transport, infrastructures et sécurité pour le programme d'étude et de recherche sur les effets des changements climatiques.

L'Association canadienne de normalisation a mis au point une approche par gestion de risque qui peut être appliquée à n'importe quel domaine. La norme prévoit une série d'étapes et de mesures précises, et elle est appliquée aux changements climatiques depuis la fin des années 90.

«On regarde le passé, mais on essaie aussi d'anticiper des risques potentiels, identifier des seuils à partir desquels un risque devient trop gros pour être géré par une municipalité ou un organisme seul. Ça peut être le niveau d'une rivière, ou une accumulation de pluie.»

Reste alors à voir comment contrôler ce risque, l'éviter, en limiter les impacts, puis évaluer le risque résiduel qu'on ne peut éviter. «Ensuite, on refait l'exercice, plusieurs fois,  à mesure que le climat change et que nos connaissances s'améliorent. On recommence.»

L'art de s'accommoder

Des événements extrêmes ne demandent pas obligatoirement des mesures extrêmes. Comme on ne peut pas pallier tous les risques, il faut trouver des façons réalistes de s'en accommoder, et Hydro-Québec l'a appris après la crise du verglas de 1998.

«On a cherché des façons d'éviter les effets dominos au niveau des poteaux», explique Louis-Olivier Batty, porte-parole de la société d'État. «L'IREQ [Institut de recherche d'Hydro-Québec] nous est arrivé avec une solution très simple. Si la ligne devient trop lourde, le câble décroche du poteau. Il est beaucoup plus simple et rapide de remettre un câble que de planter des poteaux. On minimise ainsi les dommages, les coûts et on accélère le rétablissement du service.»

Hydro-Québec a d'ailleurs créé une unité d'évaluation des risques et des menaces. Elle se penche sur les risques d'incendies, de méfaits, d'atteinte à la propriété intellectuelle ou de cybercriminalité, par exemple.

«On s'est aussi préparé à la grippe H1N1, ajoute M. Batty. On a eu un aperçu au printemps et on se prépare pour une recrudescence à l'automne.»

Cyberpresse vous suggère

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer