Lors d'une visite à Ottawa en février 2007, le milliardaire Bill Gates annonçait un investissement commun avec le gouvernement canadien de 139 millions $ pour la recherche sur le VIH-sida. «La mise au point d'un vaccin pourrait bien prendre encore
10 ans, avait alors souligné le président de Microsoft, mais nous pourrions être chanceux et y arriver en moins de temps [...] Plus nous allons y investir des efforts, plus nous pourrons réduire le temps requis.»
Et voilà, l'Université Western Ontario annonçait en novembre 2008 la découverte d'un tel vaccin. L'équipe du Dr Chil-Yong Kang doit d'ailleurs mener des essais cliniques sur des cobayes en 2009, question de voir si sa trouvaille est davantage efficace que les trois premiers vaccins mis au point dans le monde.
Avec cette annonce, s'engageait alors une course entre quatre villes canadiennes (voir l'autre texte) pour attirer l'usine de
88 millions $ incluse dans l'entente entre Bill Gates et le gouvernement canadien. Le Canada paiera la part du lion, 60 millions $, tandis que la fondation du milliardaire offrira pas moins de 28 millions $. Ces fonds serviront à la «conception, construction et mise en marché d'une usine pilote de vaccins contre le VIH-sida destinés aux études cliniques Canada», apprend-on dans un document de l'Université Laval soumis à la Ville de Québec et obtenu jeudi par Le Soleil.
En effet, la candidature de la capitale a été retenue dans une première étape de sélection, et l'institution universitaire doit produire un cahier de candidature «de qualité» comportant une étude de faisabilité. Le coût : 350 000 $. D'où la demande d'aide faite voilà plusieurs mois, mais rendue publique seulement jeudi.
La Ville de Québec et le gouvernement du Québec ont accepté de financer le tout à parts égales. L'administration Labeaume a d'ailleurs officiellement débloqué 175 000 $ mercredi, même si le feu vert avait été donné voilà plusieurs mois. L'autre 175 000 $ provient de l'Entente ACCORD Capitale-Nationale, un fond régional ciblant des secteurs dits «d'excellence».
À l'instar du groupe NeuroCité, ce projet a nécessité la création d'un organisme sans but lucratif pour faire atterrir ce projet, VACS international. Des entreprises en feraient partie, mais devant le refus du recteur de l'Université Laval, Denis Brière, de confirmer la démarche, il a été impossible de savoir lesquelles.
Reste que dans sa candidature, l'institution dit pouvoir compter sur la présence «d'une forte base industrielle» dans la production et la mise en marché de vaccins, citant les entreprises GlaxoSmithKline, Medicago et Folia. L'Université Laval dit elle-même posséder une expertise dans plusieurs domaines connexes, comme l'infectiologie, la virologie, la vaccinologie, l'ingénierie de la production cellulaire.
Interrogé par Le Soleil, le maire sortant Régis Labeaume s'emballe à l'idée de voir cette usine atterrir à Québec. «C'est bon, je vois les retombées en termes de rayonnement», dit-il soulignant que la lutte au sida et la Fondation Bill et Melinda Gates sont des sujets hautement médiatisés. «Au-delà des retombées du projet lui-même, je vois la capacité d'attirer l'attention de la communauté internationale sur nous, sur l'Université Laval, mais aussi sur Québec.»












