Il y a à peine un an, son fondateur John Cormier était convaincu que son avenir se trouvait aux États-Unis. Le fait d'avoir gagné le prix VenturePrize pour son plan d'affaires en 2007 et le BioAlberta Emerging Company of the Year en 2008 l'avait grandement aidé à collecter les fonds nécessaires pour fignoler son analyseur d'haleine, mais il n'arrivait pas à trouver au Canada le «cocktail d'expertises» qu'il lui fallait. Jusqu'à ce qu'il rencontre, par hasard, un employé de l'Institut national de l'optique.
«Après, les choses se sont vraiment accélérées, se souvient-il. En mai dernier, nous sommes venus à Québec pour la première fois, puis l'INO est venu nous voir à Edmonton. J'avais peine à croire que l'INO avait l'expertise qu'il nous fallait, mais c'était bien le cas, et nous sommes déménagés il y a deux mois. [...] Je suis le genre de gars qui n'aime pas rester longtemps entre deux chaises.»
La taille de l'entreprise, encore très petite, y est pour quelque chose, mais M. Cormier et son vice-président au développement technique Denis Dufour (lui aussi physicien de formation) ont déjà acheté des maisons à Québec, et d'autres suivront bientôt. «Je veux m'impliquer dans la communauté, et on ne peut pas le faire en étant itinérant. [...] Nous sommes ici pour rester», dit M. Cormier.
Pour lui, d'ailleurs, il s'agit d'un retour aux sources, puisque ses parents viennent du Québec et du Nouveau-Brunswick. Né aux États-Unis, M. Cormier est plus à l'aise en anglais qu'en français, mais il y travaille. En outre, sa conjointe (francophone elle aussi) et lui s'adressent à leur fille uniquement dans la langue de Molière.










