Allez, on entend d'ici les amateurs de la gent canine triompher et les fous des minous crier au scandale. Mais attention, l'écart entre les deux animaux les plus populaires de la planète demeure mince au rayon des aptitudes, relatait le magazine New Scientist dans un article du 9 décembre.
Pour cet article intitulé «Dogs vs Cats : The Great Pet Showdown» («Chiens contre chats, la grande confrontation des animaux de compagnie»), la rédaction du réputé magazine scientifique britannique a pris un malin plaisir à recenser les recherches existantes sur les comportements et les caractéristiques de chacun pour dresser une liste de 11 catégories. Marque finale : chien 6, chat 5, tranche le New Scientist.
Ainsi, le chien domine largement quand vient le temps de résoudre un problème, par exemple en demandant l'aide d'un humain, a démontré l'équipe du chercheur Adam Miklosi de l'Université Eotvos Lorand à Budapest. «Sur le plan cognitif, Félix comprend aussi bien que Fido lorsqu'on pointe de la nourriture difficile d'accès. Par contre, le chien sera davantage porté à solliciter l'aide de son maître alors qu'un chat tentera généralement en vain de l'obtenir par lui-même», peut-on lire dans l'article dont la version en ligne a généré jusqu'ici plus de 350 commentaires.
Victoire de Fido aussi sur le plan de l'entraînement, où il apprend comme un bébé humain et répond à des gestes, au regard ou à la voix. Il assimile aussi un comportement à la suite d'une récompense. «Les chiens répondent aux stimulus et au renforcement, ils sont intéressés et prennent l'entraînement au sérieux», indique M. Miklosi. Nuance, toutefois : l'entraînement des chats est encore méconnu, et on ne peut donc pas connaître l'étendue réelle de leurs capacités. Donc, point au chien. Pour l'instant.
On ne s'étonnera pas non plus que les recherches dont fait état le New Scientist nomment vainqueur le chien en ce qui a trait au lien affectif avec l'humain. Les chats sont réputés pour leur indépendance, ils sont solitaires de nature. Les chiens, par contre, sont des descendants d'animaux qui se tiennent en meute et ont le «gène» de l'attachement. «Donnez le choix à un chiot de quatre mois et il choisira un compagnon humain. Il semble qu'ils ne peuvent s'empêcher de nous aimer», note le magazine scientifique.
Un attachement qui remonte à une domestication datant d'au moins 16 000 ans selon les études les plus conservatrices alors que d'autres évoquent jusqu'à 50 000 ans. De leur côté, les chats ont été domestiqués depuis moins de 10 000 ans, précise le magazine, qui donne aussi le point au chien dans la catégorie «ancêtres».
Enfin, le New Scientist permet au chien de marquer son sixième et ultime point dans la catégorie «utilité». Si un chat attrape des souris, fait sourire et est une source de compagnie et de tendresse, le chien, lui, peut en plus chasser, protéger, guider. Il contribue aussi à la santé physique de son maître en l'obligeant à faire des promenades quotidiennes.
De quoi mériter son surnom de «meilleur ami de l'homme».
Le chat, bon deuxième
Avec une telle domination canine, où le chat a-t-il bien pu décrocher cinq points dans onze catégories, demandez-vous? Eh bien, le New Scientist reconnaît à la gent féline un cerveau mieux adapté à sa taille alors que celui du chien est trop gros pour ce type de mammifère, dit-on. Aussi, même si l'odorat du chien est légendaire, celui du chat n'est pas négligeable. Ajoutez à cela une ouïe plus impressionnante que celle du chien et des yeux mieux adaptés à la nuit et minou l'emporte dans la catégorie «supersens».
Une étude récente de l'Université britannique de Sussex permet aussi au chat de récolter un point dans la catégorie «voix». Ainsi, si les chiens ont plus de flexibilité vocale, note-t-on, la chercheuse Karen McComb a démontré qu'un chat aurait recours à un type de ronronnement bien précis lorsqu'il veut de la nourriture. La chercheuse soutient même que ce son caractéristique agit de façon subliminale en utilisant la même fréquence que les pleurs des bébés humains...
Les chats verts
Enfin, le minou récolte ses deux derniers points dans les catégories les moins physiologiques ou comportementales : la popularité et... l'environnement. Eh oui, signe d'intelligence ou non, les félins peuvent en tout cas se vanter d'être prisés partout sur la planète et leur présence dans les foyers est plus importante que celle des chiens.
Enfin, le chat l'emporte aussi dans un domaine bien de notre époque : l'écologie. Les chats sont en effet, selon les scientifiques, moins «nocifs» pour la planète que les chiens. Leur «empreinte écologique» serait en effet de 0,15 hectare contre 0,28 hectare pour Fido. Voilà un bon prix de consolation pour minou.










