«Je suis désolé si je suis un peu confus», a mentionné plusieurs fois au Soleil Joé Dupuis, éveillé depuis plus de 24 heures. Le technophile de 21 ans participe pour la deuxième année à la compétition, qui se termine aujourd'hui à 20h.
Comme toutes les équipes, la sienne devait s'inspirer de la chanson Dan Dan, du groupe Misteur Vallaire, pour concevoir soit un jeu vidéo, soit un court-métrage d'animation 2D ou 3D, un nouveau volet cette année. Et l'imagination ne faisait pas défaut. Après un remue-méninges de six heures, son équipe Illogical Studios a décidé de miser sur un concept des plus originaux.
«Les seules paroles de la chanson sont "wake up" [réveillez-vous]. Alors, le but de notre jeu, c'est que le personnage se réveille à la fin du jeu», a-t-il expliqué. Ainsi, leur personnage traversera différents tableaux, comme celui d'un pré où il devra creuser le sol avec une pelle pour atteindre les ténèbres.
«Le gros du travail est fait, mais le défi est de tout mettre ensemble et qu'il n'y ait pas de trous entre les tableaux, a-t-il précisé. Mais on va gagner!» a-t-il ajouté sans aucune prétention.
De la place pour les petits
Selon PÔLE Québec Chaudière-Appalaches, la création multimédia génère un chiffre d'affaires estimé à 250 millions $ dans la région. Près de 60 compagnies emploient 1340 personnes.
Dans le sillage des grands donneurs d'emplois comme Frima ou Beenox, les petites entreprises sont nombreuses à vouloir se tailler une place parmi les grands, comme celle de Joé, l'un des quatre fondateurs d'Illogical Studios.
Avec son équipe, composée d'une dizaine de collaborateurs, il travaille à partir d'un sous-sol à Cap-Rouge. Créée il y a 10 mois, la compagnie a choisi une niche peu exploitée jusqu'ici, celle des moteurs open source. En rendant leur plate-forme accessible aux petits concepteurs de jeux vidéo, la bande de passionnés espère faire le pont entre les petits et les grands.
«Souvent, les grandes compagnies ne veulent pas prêter des [ressources] à des petits concepteurs qu'elles ne connaissent pas. Alors, nous, avec notre plate-forme, on va permettre aux petits de produire un jeu fini et de le transformer en langage compatible à toutes sortes d'appareils comme la Xbox ou le iPhone. Ensuite, ils pourront aller voir Microsoft ou Activision pour leur vendre», a-t-il expliqué.
Déjà fonctionnelle, leur plate-forme devrait être prête à l'hiver. En attendant, n'hésitez pas à aller tester leur jeu demain dès midi.












