Festival de photojournalisme: l'avenir au documentaire web

Une photo de famille de Joe Jessop, 88... (Stephanie Sinclair, agence VII pour National Geographic)

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Une photo de famille de Joe Jessop, 88 ans, avec ses cinq femmes, 46 enfants et 239 petits-enfants. Ancien de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, la secte controversée née d'une scission avec l'Église mormone autour de la question du mariage plural, Joe a fondé sa «famille céleste» à Hildale, dans l'Utah. «J'ai eu une vie bénie, dit-il. Je ne l'échangerais pour rien au monde.»

Stephanie Sinclair, agence VII pour National Geographic

 

Renaud Philippe et Maxime Corneau, collaborations spéciales
Le Soleil

(Perpignan) Le collectif québécois de photojournalisme Stigmat Photo participe pour une quatrième année au festival de photojournalisme Visa pour l'image à Perpignan, en France. L'équipe de Stigmat a mené tout au long du festival des entrevues avec des acteurs clés du milieu pour palper le pouls de l'état du métier de photojournaliste. En novembre, le tout premier festival du genre au Canada, Zoom photo festival, fera son lancement à Saguenay.

Jean-François Leroy, directeur et organisateur de l'événement, ne diffuse que des travaux d'une qualité exceptionnelle. «La seule chose qui m'intéresse, c'est la qualité du regard. On se fout de savoir avec quel type de caméra la photo a été produite. Ce qui compte, c'est l'oeil qui est derrière», dit-il.

Pour Stephanie Sinclair, de l'agence VII, c'est la chance de rencontrer d'autres photographes que l'on voit autour du monde au fil des ans, et de reprendre contact.

«Ça permet aussi de mettre un visage sur des éditeurs et des collaborateurs avec qui nous avons des échanges quotidiens via email et par téléphone depuis des années. Pour le meilleur ou pour le pire, notre milieu [le photojournalisme], c'est comme une famille et tout le monde essaie de s'entraider.»

Photoreportage en évolution

Le reportage photographique n'est pas mort, bien au contraire. En 2010, en direct de la Mecque du photojournalisme, l'heure est au bilan des années de transition entre le film et le numérique.

Chose certaine, les photographes se tournent de plus en plus vers Internet. Au festival, les mêmes mots sont sur toutes les lèvres: l'avenir est au documentaire web.

Pour Jean-François Leroy, fondateur et directeur du festival depuis ses débuts il y a 22 ans, le webdocumentaire n'est pas encore une solution immédiate. «Ce n'est pas encore un modèle économique suffisant à lui-même. Il faut des budgets énormes», dit-il.

Contrairement au reportage classique, il faut une équipe complète pour sa réalisation. «Pour un webdoc, il faut que le film soit bon, que la photo soit bonne, que le son soit bon... Shakespeare n'a jamais fait des peintures. Monet n'a jamais écrit des poèmes.» Un grand défi attend les photojournalistes qui voudront emprunter cette avenue.

Plus participatif

Cette nouvelle forme de documentaire allie son, photographie et vidéo dans une interface Web. En somme, les webdocumentaires sont des projets documentaires multimédias diffusés sur Internet. Le spectateur a une approche beaucoup plus participative, puisqu'il choisit son parcours lors de l'exploration du site. On peut penser au projet de documentaire de l'Office national du film sur la crise économique au Canada (pib.onf.ca) ou encore des projets comme celui sur les pirates en Somalie (www.france24.com/static/infographies/somalie/).


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