Le droit à l'identité des personnes adoptées est un sujet hautement sensible, car pour bien des gens, il s'oppose au droit à la vie privée, jugé tout aussi fondamental.
Au Québec, le Mouvement Retrouvailles milite pour que les dossiers d'adoption soient ouverts. De cette façon, quiconque voudrait connaître son origine, ou savoir ce qu'il est advenu de l'enfant jadis confié à l'adoption, serait en droit d'obtenir cette information, même si l'autre partie n'y a pas consenti. Présentement, les deux doivent donner leur accord.
Le Mouvement Retrouvailles est même d'accord avec la possibilité de recourir au veto jusqu'à une certaine date, comme le fait l'Ontario, afin de garantir la confidentialité chère à plusieurs personnes.
Mais malgré deux rapports soumis au gouvernement québécois depuis 10 ans, ce dossier piétine toujours. De l'avis de Me Alain Roy, de la faculté de droit de l'Université de Montréal, «on se traîne lamentablement les pieds». Pour lui qui a fait de la dimension identitaire de l'adoption l'un de ses champs de recherche, il n'y a aucune raison valable de refuser à des dizaines de milliers de Québécois le droit à leurs origines.
Un projet de loi à cet effet déposé en juin par l'ADQ à l'Assemblée nationale semble être tombé dans l'oubli, remarque-t-il.
Il est selon lui «fallacieux» d'invoquer les promesses de confidentialité faites à une autre époque pour refuser d'ouvrir les dossiers. À ce compte-là, dit-il, il n'y aurait pas eu de loi rétroactive sur le patrimoine familial en 1989 pour respecter les droits des gens mariés en séparation de biens.
Au Mouvement Retrouvailles, la présidente, Caroline Fortin, indique qu'une rencontre est prévue le 23 octobre avec les chefs de cabinet des ministres de la Justice et de la Santé. «On recommence encore. Espérons juste qu'il n'y aura pas d'élections!»
Selon le Mouvement, 300 000 Québécois ont été confiés à l'adoption. En y ajoutant leurs 600 000 parents, cela donne près d'un million de personnes directement concernées.










