À sa septième présentation à Québec, la Nuit des sans-abri est toujours aussi pertinente. Nathalie Brisseau, du Regroupement pour les itinérants et itinérantes de Québec, souligne que le phénomène est d'ailleurs en hausse. «Bien que le dénombrement précis des itinérants soit très difficile, la progression est notable, d'où l'importance d'un événement comme la Nuit des sans-abri, pour sensibiliser le public autant que les gouvernements.»
Une étude réalisée en 2003 chiffrait à 16 000 personnes la clientèle ayant recours aux différentes ressources de la région. «Sans être toutes sans-abri, ces personnes sont à très haut risque de le devenir», signale Mme Brisseau, qui organise l'événement cette année.
La nuit dernière aura donc été beaucoup plus chaude qu'à l'habitude à la place de l'Université-du-Québec dans Saint-Roch. Table ronde, soupe populaire, humour, animations et vigile de 23h à 6h ce matin ont favorisé la réflexion et la solidarité par rapport au phénomène.
Cette nuit «pour dire que le problème est loin d'être réglé» est aussi un geste pour réclamer une véritable politique de l'itinérance au Québec. «Une commission parlementaire sur l'itinérance se déplace présentement dans les villes du Québec. C'est déjà un gain, mais l'objectif ultime demeure la mise en place d'une véritable politique sur l'itinérance», souligne Pierre Gaudreau, du Réseau d'aide pour les personnes seules et itinérantes de Montréal.
«Une politique permettrait de briser la spirale d'un problème qui dépasse l'individu et touche la société en entier», insiste Mme Brisseau.
La Nuit des sans-abri de Québec précédait d'une semaine les nuits tenues dans les autres villes du Québec. Les organisateurs ont pris cette décision pour éviter que les célébrations du 400e et le Sommet de la Francophonie de Québec relèguent leur activité dans l'ombre.










