Prononçant un discours lors de l'accueil annuel des familles immigrantes à l'hôtel de ville, le maire Labeaume a expliqué que les citoyens relativement homogènes de la capitale avaient de la difficulté à accueillir les nouveaux arrivants parce que l'immigration leur était encore peu familière. «Vous savez, ici à Québec, on est blanc, on est judéo-chrétien, on parle français, on n'est pas bilingue, on n'est pas trilingue, et souvent ça donne une ville qui est un peu fermée, a-t-il dit. Je présume que vous l'avez peut-être senti.
«C'est vous autres qui allez nous permettre d'évoluer, de nous ouvrir les esprits, d'aller un peu plus loin que notre ville, de comprendre ce qui se passe ailleurs, a-t-il poursuivi. (...) Il va falloir être pédagogue avec nos concitoyens, leur expliquer, leur faire comprendre vos pays d'origine.»
En marge de la cérémonie, le maire Labeaume a indiqué qu'il se distanciait des propos qu'avait tenus Robert Lepage il y a deux ans sur la «xénophobie» des gens de Québec. Le dramaturge s'était rétracté en précisant qu'il entendait plutôt ce mot au sens d'«avoir peur de l'autre».
«On est en mode découverte, a expliqué Régis Labeaume. (...) C'est pour ça que je disais tantôt : ?Aidez-nous à vous faire aimer.''»
Invitation à souper
Pour sensibiliser la population aux autres origines, le maire de Québec a lancé l'idée d'organiser de grandes activités dans les arrondissements où les familles immigrantes inviteraient des gens de Québec à souper, leur faisant découvrir leur nourriture et leur culture.
«Il ne faut pas attendre que les Québécois les invitent, dit-il. (...) Il faut mettre ça à l'envers. (...) On va vous (les familles immigrantes) aider financièrement, on organise un gros party, et c'est vous autres qui faites la cuisine.»
En attendant, la Ville de Québec promet depuis des mois un plan d'action en matière d'immigration. Annoncé en septembre, il devrait être prêt à la fin novembre, assure le maire de Québec.
Peu de temps après son élection, en décembre, Régis Labeaume a nommé un nouveau conseiller à l'immigration à la Ville de Québec. Mohamed Madène, un Algérien d'origine arrivé au Québec il y a 30 ans, prévoit notamment miser sur l'emploi et les entreprises plutôt que de se concentrer sur la beauté et la qualité de vie de Québec.












