Des travailleurs de rue dénoncent le sifflet anti-ados

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Des travailleurs de rue dénoncent le sifflet anti-ados

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Sur le même principe que les appareils pour chasser les moustiques, le Mosquito émet des ultrasons que seuls les oreilles des 25 ans et moins peuvent entendre, et difficilement tolérer.

Mosquito

Guy Benjamin
Le Soleil

(Québec) Des travailleurs de rue veulent faire du bruit afin de faire obstacle à «un répulsif à la jeunesse» qui commence à faire son apparition au Québec. L'organisme Travail de rue, actions et initiatives communautaires, TRAIC en raccourci, s'inquiète grandement de l'arrivée sur le marché d'un appareil appelé Mosquito.

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Le Mosquito a la forme d'un petit haut-parleur et se vend 1400 $.

Sur le même principe que les appareils pour chasser les moustiques, le Mosquito émet des ultrasons que seules les oreilles des 25 ans et moins peuvent entendre, et difficilement tolérer. Une simple question d'acuité auditive puisque plus on vieillit, moins on entend les sons à haute fréquence.

Odette Gagnon n'en revient tout simplement pas que la société en soit rendue là dans sa façon de traiter les jeunes. Le répulsif à la jeunesse, c'est son expression.

La coordonnatrice au TRAIC, dont les six travailleurs de rue oeuvrent surtout à Saint-Augustin, L'Ancienne-Lorette, Sainte-Foy et Cap-Rouge, entend réagir avant que le Mosquito n'arrive à Québec. Pour l'instant, deux sont installés dans la région montréalaise et visent à éloigner les jeunes flâneurs.

Il serait facile d'adopter un règlement municipal interdisant l'installation d'un tel système, de dire Mme Gagnon.

Elle songe même à interpeller les chefs des partis politiques sur cette question, qu'elle considère de la discrimination envers les jeunes.

«Oui, les jeunes font du bruit; oui, les jeunes parlent fort, mais n'est-ce pas là des caractéristiques normales de l'adolescence?» de demander Mme Gagnon. «N'est-ce pas normal que des jeunes se rassemblent et flânent?» lance-t-elle. Il faudrait peut-être que les plus vieux se rappellent leur jeunesse, ajoute la coordonnatrice.

TRAIC travaille à faire augmenter la tolérance envers les jeunes, de préciser Mme Gagnon. Mais elle ne jette pas la pierre à tous les adultes. Une minorité de personnes plus âgées se montre intolérante envers les jeunes, dit-elle. «Malheureusement, ce sont ceux qui se font le plus entendre.»

«On n'est plus capable d'endurer les jeunes dans les parcs, lance Mme Gagnon. J'ose espérer qu'on n'y installera pas un "répulsif à jeunes" qui se déclencherait à 11h le soir pour vider les lieux», laisse-t-elle tomber.

Le petit appareil a fait son apparition en Europe il y a déjà quelques années.

On en compterait 3500 en Grande-Bretagne. La lutte est engagée en Belgique contre le Mosquito.

«Une société qui a peur de sa jeunesse au point d'en autoriser la torture physique et mentale est une société névrosée, sclérosée et suicidaire», peut-on lire sur le site www.trianglerouge.be. Les Belges sont invités à signer une pétition pour s'opposer au petit appareil qui porte aussi le nom de Beethoven, le célèbre musicien sourd.

Le Mosquito a la forme d'un petit haut-parleur et se vend 1400 $.

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