Selon Francine Lavoie, psychologue et chercheuse principale de l'étude sur les ACSOSEX (activités sociales sexualisées) menée dans quatre écoles secondaires de Québec, la participation des jeunes, et particulièrement celle des filles, à ces activités s'inscrit dans une tendance à vouloir retarder le moment d'une relation intime privilégiée. À défaut d'avoir un ami de coeur, et plutôt que d'opter pour les relations sexuelles d'un soir avec un fuck friend, «elles se disent : "On va s'amuser avec le sexe."» À leurs yeux, il s'agit d'un jeu anodin.
«On peut aussi se demander si ce n'est pas pour elles une façon de s'affirmer, une sorte de girl power, où le sexe est un atout. Mais est-ce que celles qui en font beaucoup en sortent gagnantes?» Considérant que près du tiers d'entre elles se sentent mal à l'aise au lendemain de ces gestes, Mme Lavoie dit en douter.
D'autant plus, explique-t-elle, que ce sont encore les filles qui jouent le rôle d'objets sexuels. «C'est très stéréotypé. La fille se pâme devant les attributs sexuels des gars (par exemple, dans les imitations de fellation).» Une situation qui lui semble bien différente de celle de la libération sexuelle des années 60, qui avait un but libérateur pour les femmes, en leur donnant accès au plaisir.
«Mais je ne dis pas que les jeunes hommes sont gagnants non plus. Pour le faire, ils sont soumis à la pression du corps parfait, le bon muscle à la bonne place, épilés...»
Le plus ironique, dans tout ça, c'est qu'environ 80 % des jeunes interrogés se sont dits en désaccord avec ces pratiques, mais mals à l'aise de l'exprimer publiquement. «Ils sont critiques sur ça, mais ils ne sont pas prêts à le dénoncer.»











