La ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, se range derrière les arguments de l'Association des médecins d'urgence du Québec (AMUQ), qui signale que la pratique du ski et de la planche à neige est une importante cause de traumatismes crâniens.
«Mon objectif est de faire en sorte que, dans les prochains mois, pour la saison 2009-2010, on ait un règlement très clair à cet égard-là», a déclaré la ministre jeudi, à son entrée à une réunion des députés libéraux à Lévis.
Consciente de la réticence des propriétaires de station de ski, Mme Courchesne a indiqué qu'elle discuterait prochainement de la question avec les acteurs de l'industrie.
«Il faut voir comment peut se faire l'application sur le terrain. Il y a quand même des implications juridiques importantes en termes de responsabilités», a-t-elle ajouté, en signalant que seulement 45% des skieurs et planchistes de plus de 24 ans acceptent volontairement de porter un casque sur les pentes.
Chez les jeunes, le port de cet équipement de sécurité est beaucoup plus en vogue. Ils sont 92% dans le groupe des moins de 12 ans à s'être déjà munis d'un casque et 70% chez les 12 à 24 ans.
La ministre a fait connaître ses intentions à la suite d'une sortie publique de l'association des urgentologues, selon laquelle 60% des traumatismes crâniens dans les sports de glisse seraient évités grâce au port du casque protecteur.
«La littérature médicale est claire: les casques évitent des gros problèmes aux gens qui tombent. Alors, pourquoi ne pas faire en sorte que les gens soient plus en sécurité?» a demandé le porte-parole de l'AMUQ, Nicolas Helazari.
L'AMUQ encourage les centres récréatifs à développer dès maintenant des politiques favorisant le port du casque, incluant minimalement le prêt d'un casque avec toute location d'équipement.
Elle souhaite aussi que plus de financement soit accordé pour la recherche, afin d'accroître les connaissances sur le pronostic et la prévention des traumatismes crâniens dans les sports d'hiver.
Vive opposition
Toutefois, l'Association des centres de ski du Québec s'opposera à toute mesure visant à forcer sa clientèle à porter un casque contre son gré.
En entrevue téléphonique à La Presse Canadienne jeudi, le porte-parole Alexis Boyer-Lafontaine a indiqué que les centres font déjà la promotion du casque, mais qu'ils craignent de voir les adultes déserter les pentes en cas de réglementation.
«Ce serait complexe. On devrait retourner à la maison du monde qui se présenterait sans casque. Puis, comment convaincre les gens qui font du ski sans casque depuis toujours, alors que l'industrie a déjà du mal à faire le plein de clientèle?» a-t-il argué, précisant que le port du casque n'est même pas obligatoire pour circuler à vélo.
Selon lui, il faut plutôt faire confiance au jugement de la population, qui se convertira de toute façon graduellement à cet équipement.
«Le marché et les consommateurs parlent plus fort que le gouvernement», a indiqué M. Boyer-Lafontaine, selon qui les détaillants du Québec ont vendu en moyenne 250 000 casques par saison depuis cinq ans.
Se disant «désolé et déçu» de l'intervention de l'association de médecins, le porte-parole des stations de ski ajoute que le nombre d'accidents sur les pentes est à la baisse et que le port du casque ne préviendra jamais tous les traumatismes.
Le taux de blessés pour 1000 visiteurs dans les centres est passé de 2,60 à 1,85 entre les saisons 2001-2002 et 2007-2008.
Par ailleurs, depuis février 2007, le gouvernement du Québec est devenu la première législation en Amérique du Nord à obliger le port du casque dans les parcs à neige, où les planchistes exécutent des sauts et autres manoeuvres spectaculaires en utilisant des rampes.
L'Association des stations de ski avait accepté de se plier à cette mesure à la suite d'une recommandation de la coroner Andrée Kronstrom, qui avait fait enquête sur la mort du jeune planchiste Yannick Couture, décédé en février 2003 à la station de ski Montjoye.










