Après la Y, place à la génération C

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Pour le CEFRIO, les «C» sont les Québécois nés entre 1984 et 1996 qui communiquent, collaborent et créent grâce à l'internet.

Photothèque Le Soleil

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Après les générations X et Y, voici... la génération C. Cette nouvelle étiquette accolée à la génération des 12-24 ans désigne ces jeunes qui «communiquent, collaborent et créent» à l'aide des technologies de l'information. L'expression fera-t-elle boule de neige?

C'est du moins l'étiquette adoptée par le CEFRIO, le Centre francophone d'informatisation des organisations, qui organise cet automne un colloque international ayant pour thème «Êtes-vous prêt pour la génération C?».

Les «C», ce sont un million et demi de jeunes Québécois nés entre 1984 et 1996, qui sont tombés dans la marmite technologique quand ils étaient petits. La plupart ont grandi en pianotant sur un ordinateur à la maison, branché à l'internet.

D'ici 10 ans, ces jeunes représenteront 45 % des travailleurs au Canada. Les écoles, gouvernements et employeurs sont-ils prêts à les accueillir? C'est la question à laquelle tentera de répondre le CEFRIO, en livrant les résultats d'une vaste enquête sur les nouvelles technologies réalisée auprès des 12-24 ans.

«Notre hypothèse de départ est que ces jeunes se démarquent des autres générations par l'utilisation qu'ils font de la technologie, qui les transforme», explique Catherine Lamy, directrice de projet au CEFRIO.

En anglais aussi

L'étiquette «génération C» aurait été utilisée pour la première fois par les rédacteurs du site internet Trendwatching.com, en février 2004. L'expression réfère à ces internautes qui alimentent de «con­tenu» le Web 2.0, où pullulent les textes, photos et vidéos provenant des utilisateurs. Le centre des médias de l'American Press Institute décrit d'ailleurs la génération C comme étant celle qui «crée, produit et participe à l'information transmise dans une société branchée». L'expression a aussi été reprise sur d'autres sites internet, où le C fait référence en anglais à computer, click, connected... Le CEFRIO a adopté l'expression, jugée beaucoup plus évocatrice que la génération Y ou Z, qui succèdent à la génération X.

Sociologues

Mais reste à voir si l'expression fera tache d'huile. Les sociologues sont loin d'être unanimes à ce sujet. «C'est un peu n'importe quoi», lance Diane Pacom, sociologue à l'Université d'Ottawa, qui a mené plusieurs études sur les jeunes. «C'est une étiquette qui manque de nuances, c'est difficile de mettre des jeunes de 12 ans et de 24 ans dans la même catégorie.»

Mme Pacom rappelle qu'il y a toujours des dangers à apposer des étiquettes de la sorte. Cette génération est particulièrement difficile à cataloguer, puisqu'une de ses caractéristiques est la mobilité. «Les baby-boomers et les X avaient des caractéristiques beaucoup plus stables. Ces jeunes changent rapidement, ils s'adaptent vite et c'est encore plus difficile de les classifier ainsi», dit-elle.

L'utilisation des nouvelles technos est certainement une des caractéristiques importantes de cette génération, mais elle n'est certainement pas la seule, conclut Mme Pacom.

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