Le gouvernement de l'Ontario a commandé une étude comparative de différentes villes de cette province à l'institut torontois en 2008. Pour comparer les données de la ville de Hamilton, son directeur de la recherche, le Dr Kevin Stolarick, a retenu 10 autres villes nord-américaines de population comparable. Québec arrive donc au premier rang; suivent, dans l'ordre : Syracuse (New York), Springfield (Massachusetts), Hamilton (Ontario), Knoxville (Tennessee), Akron (Ohio), Grand Rapids (Michigan), Sarasota (Floride), El Paso (Texas), Bakersfield (Californie) et Scranton (Pennsylvanie).
Québec a récolté le plus haut indice de créativité, c'est-à-dire la note finale obtenue après l'évaluation de trois critères : la technologie, le talent et la tolérance. «Pour réussir, explique le Dr Stolarick, il ne suffit pas d'exceller dans un seul élément. Pour attirer les gens créatifs, générer l'innovation et stimuler la croissance économique, une ville doit avoir les trois.» C'est pourquoi Las Vegas se retrouve dans les bas-fonds de ce genre d'étude, qui ne s'en tient pas qu'aux données économiques. Québec n'est pas parfaite, mais «a bien fait dans les trois critères», ce qui donne une indication à savoir «comment les choses se placent pour aller de l'avant», indique le chercheur.
Pour expliquer cette première place, Kevin Stolarick est d'avis que le siège du gouvernement y est pour quelque chose. Les données économiques et sociales, comme la criminalité, les établissements culturels, le coût de la vie, la création d'emplois, etc., sont aussi favorables de façon générale.
PÔLE Québec Chaudière-Appalaches, qui a organisé la conférence du chercheur, ne peut que se réjouir d'une telle performance. «Les indicateurs démontrent qu'on a pris une bonne tangente avec le virage que la région a pris comme ville de savoir, ville de créativité», résume le pdg de PÔLE, Carl Viel. Bien que ces résultats soient encourageants, ils ne nous permettent pas de «s'asseoir sur nos lauriers» puisque la région traîne encore les mêmes vieux problèmes, comme la rétention des jeunes et l'ouverture aux immigrants.
Encore du travail
Le bulletin de Québec en ce qui a trait à l'éducation et au nombre de brevets demandés est toutefois décevant. Autrement, Kevin Stolarick est aussi d'avis que la ville devrait travailler pour attirer davantage d'immigrants et de jeunes. «Les immigrants sont importants, dit-il, ils sont brillants, ils prennent des risques. Soixante pour cent des entreprises de Silicon Valley ont été formées par des gens qui ne sont pas nés aux États-Unis.»
Le plus difficile est d'en attirer une première vague, et il faut être créatif. Il cite l'exemple de Schenectady, près d'Albany dans l'État de New York, qui envoie des autobus dans Brooklyn pour faire visiter leur ville et attirer chez eux les immigrants fatigués de la ville bondée où la vie coûte cher. «Les immigrants ne viennent peut-être pas s'établir directement à Québec, alors peut-être qu'il faudrait se dire regardons du côté de Montréal! Qu'ils aiment ou non cette ville, suggère-t-il, invitons-les à réfléchir à Québec.»










