Si la pénurie de logements fait moins la manchette que par les années passées, elle n'en est pas moins réelle, affirme la porte-parole pour Québec du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme. «Les dernières données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement indiquent que la région de Québec a un taux d'inoccupation de 0,7 %, un des plus faibles parmi les régions métropolitaines au Canada, note-t-elle. Et lorsque l'on tient compte des catégories de logements les plus abordables, c'est encore pire.»
À quelques jours du 1er juillet, des familles de la région ont déjà signalé qu'elles étaient incapables de se reloger. «Vendredi dernier, nos groupes membres de la région de Québec nous indiquaient qu'entre 5 et 10 ménages n'avaient toujours pas trouvé de logement, souligne Mme Laflamme. Nous ferons le point en début de semaine. Peut-être que certains auront trouvé, mais peut-être aussi que d'autres ménages se seront ajoutés à cette liste.»
Peu d'options s'offrent aux familles qui se retrouvent à la rue à la fin de leur bail, déplore le FRAPRU. La Croix-Rouge, qui les prenait en charge il y a quelques années, n'intervient pas systématiquement et, bien qu'un programme de paiement de loyer d'urgence existe, bien peu y sont admissibles, explique Mme Laflamme.
«Cette année, l'Office municipal d'habitation de Québec offre une liste de logements disponibles, mais elle est beaucoup trop courte pour combler toutes les demandes. Il y a encore trop de personnes qui ont besoin de mesures d'aide et qui n'y ont pas accès.»
Détérioration à prévoir
Les prochaines années risquent de voir la situation se détériorer. Avec la crise, de nombreux ménages pourraient voir leur situation économique empirer. «Le nombre de ménages qui consacreront plus de 30 % de leur revenu disponible à se loger pourrait augmenter et, comme il manque déjà de logements abordables, il est urgent d'agir. Malgré la bonne performance économique de la région ces dernières années, la situation du logement a peu évolué. Dans un contexte de crise, ce sera encore plus difficile», termine Mme Laflamme.










