Sur le site Internet de Cadets Canada, on peut lire que «le programme vise à développer chez les jeunes les qualités de civisme et de leadership, à promouvoir la forme physique et à stimuler l'intérêt de la jeunesse pour les activités maritimes, terrestres et aériennes des Forces canadiennes». Les jeunes reçoivent des informations sur les Forces canadiennes mais ils ne sont pas obligés de s'enrôler, ajoute-t-on un peu plus loin.
Pourtant, le major Carlo de Ciccio, officier d'affaires publiques pour les cadets du Québec, maintient que ce programme «n'est pas axé sur la relève militaire». Tous les cours concernant la sécurité des explosifs - comme celui qui a provoqué la mort des six cadets en 1974 - ont été rayés depuis longtemps du programme, tient-il à préciser. Mais les cadets peuvent toujours s'initier au maniement d'armes.
«La seule chose que les cadets font aujourd'hui, c'est du tir de compétition avec des carabines à air ou des calibres 22. Certains cadets de 17 ou 18 ans, avancés dans le tir de compétition, vont toucher à une arme plus précise qui est la C7. Mais ce n'est pas une mitraillette», précise le major de Ciccio.
Mais pour le collectif Échec à la guerre, les cadets ne sont ni plus ni moins qu'une «courroie de transmission» vers les Forces canadiennes. Le collectif appuie d'ailleurs une campagne lancée l'an dernier par des étudiants qui s'opposent à l'endoctrinement militaire des jeunes et à la présence de kiosques de recrutement dans les écoles secondaires.
«Dans les cadets, on apprend aux jeunes à cirer leurs bottes, à faire de la drill, à repasser leurs vêtements. Si on n'appelle pas ça s'initier à la vie militaire, je me demande ce que c'est», lance Charles Lemieux, porte-parole du collectif. Les jeunes rencontrés jeudi à la base de Valcartier, alors qu'ils revenaient de cinq jours en forêt, ne sont pas tous du même avis.
«C'est comme les scouts, mais avec de la drill», lance Simon, 13 ans. «Ça nous permet de faire des choses qu'on ne ferait pas dans le civil», lance un autre avec enthousiasme.
Désireux d'être soldats
Mais la plupart des jeunes interrogés par Le Soleil rêvent d'une carrière militaire. «Moi, j'aimerais rentrer dans l'armée le plus vite possible», lance Yannick, 13 ans.
Les Forces armées ne compilent aucune statistique sur le nombre de militaires qui ont d'abord été cadets, affirme le major de Ciccio. Mais selon Michel Drapeau, ancien colonel maintenant avocat, ils sont nombreux. «Une grande majorité des membres des Forces régulières sont d'anciens cadets, dit-il. Les Forces armées dépensent des milliers de dollars chaque année pour recruter. Et une de leurs plus importantes sources de recrutement, ce sont les cadets.»














