En collaboration avec la Coalition sur la problématique du poids, les trois villes examineront comment le zonage pourrait être utilisé pour limiter l'offre de malbouffe à proximité des écoles primaires et secondaires. En désaccord avec la démarche, le Conseil des chaînes de restaurants du Québec (CCRQ) tente de faire valoir ses arguments.
«Nous pensons qu'on ne vise pas la bonne cible», explique Jean Lefebvre, vice-président du CCRQ. «Sur 21 repas par semaine, il y en a seulement cinq qui se prennent à l'école. La solution passe par la maison, avec une meilleure éducation des parents et des enfants, beaucoup plus que par des réglementations et des interdits.»
M. Lefebvre, qui s'est récemment inscrit au registre des lobbyistes pour plaider la position du CCRQ dans ce dossier, a fait parvenir une lettre de cinq pages aux trois municipalités pour les dissuader de participer à ce projet-pilote. Le représentant de l'industrie de la restauration a aussi sollicité une rencontre, à laquelle seule Gatineau a acquiescé pour l'instant.
Pas de rencontre prévue
Le maire de Baie-Saint-Paul, Jean Fortin, ne juge pas nécessaire de rencontrer M. Lefebvre. «Sa lettre était assez claire, les arguments étaient bien expliqués. Est-ce que ça vaut la peine qu'on le rencontre? J'attends plutôt de savoir vers quoi on se dirige», dit-il.
M. Fortin a d'ailleurs été surpris par l'ampleur du débat suscité par ce projet-pilote. Plusieurs radios de Québec se sont intéressées au dossier, à la suite d'un reportage publié dans Le Soleil à la mi-mai. «Le téléphone n'a pas dérougi, raconte M. Fortin. Notre objectif n'est pas d'aller vers des solutions draconiennes qui ne correspondent pas aux attentes de la population. Mais le débat est intéressant. La sensibilisation reste la meilleure façon de travailler sur ces enjeux-là.»
Ce n'est toutefois pas la première fois que Baie-Saint-Paul sonne la charge contre la malbouffe. L'an dernier, les élus ont adopté une réglementation interdisant la restauration rapide au centre-ville, pour contrer l'arrivée d'une chaîne de fast food dans ce secteur. La municipalité examine maintenant la possibilité d'étendre cette restriction aux zones scolaires.
Pour réaliser ce projet-pilote qui s'étend sur deux ans, les trois villes sélectionnées auront droit aux conseils des experts de la Coalition sur la problématique sur le poids. Une seule rencontre exploratoire s'est déroulée jusqu'à maintenant à Baie-Saint-Paul.
Selon la Coalition, il existe déjà plusieurs réglementations municipales qui ont fait jurisprudence en la matière, tant ici que chez nos voisins du sud.






















