«J'espère vraiment pouvoir inspirer les personnes, militaires ou civils, qui ont subi une amputation, leur montrer que c'est possible de continuer à vivre même après une telle épreuve», explique-t-il, soulignant que le processus est parfois difficile.
«Ce ne sont pas toutes les journées qui sont faciles. Chaque jour est un défi, mais il ne faut pas se laisser abattre. Au lieu de regarder ce qu'on a perdu, il faut regarder ce qu'il nous reste», philosophe-t-il.
«Nous avons la chance à Québec d'avoir un excellent centre de réadaptation, le Centre François-Charon. Je vais y faire un tour régulièrement, de même qu'à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, pour discuter avec les militaires blessés et leur montrer qu'ils peuvent poursuivre leur carrière dans l'armée malgré tout.
«D'autres militaires me voient et disent?: "Wow! Il a perdu sa jambe et il continue!" Ils sont contents de voir ma ténacité et c'est aussi très rassurant pour eux de constater que tout n'est pas terminé s'ils sont blessés au combat», poursuit celui qui n'a que de bons mots à propos de l'appui des Forces armées canadiennes à la suite de sa blessure.
Durant sa réadaptation, le capitaine Mailloux a aussi côtoyé des civils qui venaient d'être amputés en raison d'un cancer, d'un accident de la route ou d'un accident de travail. «Ces gens adoraient s'entraîner avec les soldats, car ils nous voyaient motivés et ça les inspirait!»
Il estime que le plus difficile pour lui aura été de convaincre les gens qu'il pouvait atteindre ses objectifs. «Certains pensaient que je ne pourrais pas retourner en Afghanistan, mais moi, je savais où je m'en allais», fait-il remarquer, avouant que son projet a suscité au départ quelques froncements de sourcils de la part de ses proches.
«Ma copine m'a dit qu'elle savait que ça arriverait quand j'ai parlé de retourner là-bas. Mes parents aussi. Ils savent que je suis un fonceur, une tête de mule! Par contre, je vais prendre un break après cette mission et passer à autre chose pour la suite de ma carrière dans l'armée», avoue-t-il.
Mission à accomplir
Pendant ce temps, le capitaine Mailloux a cependant une mission à accomplir. Une mission différente de celle de 2007, alors qu'il devait mener un peloton de 28 soldats au combat.
«Là, j'ai un poste d'état-major et je m'occuperai des plans de campagne à long terme. Mon expérience m'aidera beaucoup puisque j'ai déjà visité les villages et rencontré les gens. Je sais ce que ça implique comme travail et je serai mieux en mesure de diriger les soldats qui devront accomplir cette mission.»
Et cette mission, il y croit. «Je suis convaincu que quand la mission prendra fin, on se rendra compte qu'on a accompli beaucoup de choses. Pas seulement en raison de ce qui est arrivé, mais aussi en raison de ce qui n'est pas arrivé, comme par exemple Kandahar qui n'est pas tombée entre les mains des talibans et qui est toujours sous le contrôle du gouvernement afghan», conclut-il.












