Selon Mihai Claudiu Cristea, rédacteur en chef du magazine Les immigrants de la capitale, c'est la médiatisation de l'incident de juillet, quand Majida Begum, 20 ans, a été invitée à descendre d'un autobus du Réseau de transport de la Capitale parce qu'elle refusait de dévoiler son visage, qui a convaincu les Birmanes de délaisser le niqab, mal vu au Québec selon elles. «Les filles ne sont pas insensibles à tout ce qui est arrivé. Vendredi, elles me disaient : ?À Québec pas de niqab, en Birmanie, oui», dit le journaliste, qui avait été mandaté par les Birmanes pour expliquer leur décision.
Il faut dire que les immigrantes devaient déjà se conformer aux règles en vigueur au Cégep de Sainte-Foy où elles suivent des cours de francisation et où le port du niqab n'est pas toléré durant les cours. Désireuses de bien s'intégrer, les femmes se seraient pliées de bonne grâce aux exigences de l'institution. «Au début des cours, la direction a eu une discussion très claire à ce sujet avec les filles. Les enseignants ont passé le message que, durant les cours de francisation, il n'était pas question de porter le niqab en classe. Et les filles ont compris tout de suite. En 24 heures, il n'était plus là . Même si dans les premiers jours à la pause, elles avaient tendance à se recouvrir», poursuit M. Cristea.
Les Birmanes ont affirmé qu'elles se rabattraient sur le voile et le foulard à l'avenir. «La décision d'abandonner le niqab en fut une collective, pas seulement de la fille impliquée dans l'incident. Ces filles-là ont compris que la réalité du Québec est différente de celle de leur pays», indique M. Cristea.
Environ 150 Birmanes vivent à Québec. Trois d'entre elles seulement avaient choisi de porter le niqab, ce voile qui recouvre entièrement le visage, à l'exception des yeux.















