Médailles du civisme: «Un jour pas comme les autres»

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David Asselin a été honoré de la médaille... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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David Asselin a été honoré de la médaille du civisme pour avoir sauvé sa petite soeur Megan de la noyade dans un lac gelé, en 2007.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Jean-François Néron
Le Soleil

(Québec) Sauver des flammes une femme enceinte ou des pêcheurs des eaux glacées sont des gestes qui vont au-delà du devoir d'un citoyen, surtout lorsque ce dernier met sa vie en péril. Quand des actes de civisme riment avec bravoure et fin heureuse, mais aussi deuil et déception.

Guillaume Letendre a reçu sa médaille du civisme... (Le Soleil, Laetitia Deconinck) - image 1.0

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Guillaume Letendre a reçu sa médaille du civisme des mains de la ministre québécoise de la Justice, Kathleen Weil.

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Pierre-Olivier Marchildon, David Tremblay et Stéphane Gauthier sont... (Le Soleil, Laetitia Deconinck) - image 1.1

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Pierre-Olivier Marchildon, David Tremblay et Stéphane Gauthier sont décorés pour avoir extirpé une femme enceinte de son appartement en feu, en 2007.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

«C'était un jour pas comme les autres.» C'est David Asselin, neuf ans, qui prononce cette phrase, résumant parfaitement ce qu'ont vécu les personnes honorées, lundi, à l'Assemblée nationale, pour avoir posé un acte de bravoure.

En avril 2007, le garçon alors âgé de six ans a sauvé sa soeur Megan, qui en avait quatre, alors que tous deux se trouvaient au chalet de leur grand-père à La Doré au Lac-Saint-Jean. Elle avait glissé d'un quai pour se retrouver sur le mince couvert de glace d'un lac, qui a cédé sous son poids.

Sans hésiter, David s'est couché sur la glace et a tenu de ses deux bras la fillette pour la maintenir à la surface. Malgré le froid et l'émotion, David a réussi à émettre de faibles cris qui ont alerté le chien. Ses jappements ont, à leur tour, attiré l'attention du grand-père, qui est venu porter secours à ses petits-enfants.

Aujourd'hui, le jeune David affirme avoir eu un peu peur et n'est pas sûr qu'il recommencerait s'il le devait. Comme quoi la bravoure est beaucoup une question d'instinct qui éclipse la peur.

La conscience tranquille

C'est du moins ce que croit Guillaume Letendre, ancien enseignant de musique à l'école Bois-Joli à Sept-Îles. En avril 2007, un homme a pris en otage un enfant de neuf ans dans la cour de récréation. M. Letendre a tenté de raisonner le forcené qui n'entendait rien. L'agresseur a quitté la cour avec l'élève, l'enseignant les suivant à courte distance. Arrivé à une station d'essence, l'individu a pris le pistolet d'une des pompes et a aspergé l'enfant. Il a tendu ensuite sa main dans une de ses poches.

Aussitôt, M. Letendre s'est rué sur l'homme pour l'empêcher de sortir de sa poche ce qui aurait pu être un briquet ou des allumettes. «Je n'avais qu'un objectif?: que sa main reste dans sa poche», raconte l'enseignant. Le garçon s'en est tiré avec une bonne frousse et le kidnappeur a été arrêté.

Lundi, M. Letendre était visiblement fier du geste qu'il avait posé. «Ce n'est pas tant la médaille que de savoir que le petit gars va très bien. J'aurais ça sur la conscience. Aujourd'hui, je dors bien.»

Ce n'est pas le cas de Wayne Dickson, capitaine du Madelinot War Lord, venu en aide à l'équipage du tristement célèbre Acadian II en mars 2008. Ce dernier avait chaviré alors qu'il était tiré par un brise-glace de la Garde côtière. Les pêcheurs du Madelinot War Lord avaient extirpé deux matelots des eaux glacées, mais quatre sont morts.

L'affaire hautement médiatisée remettait en cause les mesures de sécurité prises par la Garde côtière lors du touage. «J'y pense chaque jour. Il n'y avait pas de commandement à bord du brise-glace. Il n'y avait pas de vigile à l'arrière pour surveiller l'Acadian II. C'est un non-sens», raconte en substance le capitaine Dickson, encore visiblement ému un an et demi après le drame.

Sauvetage audacieux

Une autre histoire a connu une fin heureuse grâce à Pierre-Olivier Marchildon, Stéphane Gauthier et David Tremblay. En novembre 2007, les trois jeunes ont sauvé des flammes une femme enceinte de son appartement de la 47e Rue à Charlesbourg. Ils ont réussi à lui faire traverser le vide qui séparait la fenêtre de son logement en feu de celle d'un logement voisin. Une idée audacieuse qui a réussi. S'ils n'étaient pas intervenus, la malheureuse n'aurait eu d'autre choix que de sauter du troisième étage et risquer de perdre son bébé.

Au total, 46 citoyens ont été honorés, lundi, par le gouvernement du Québec. Certains, comme messieurs Marchildon, Gauthier et Tremblay, ont reçu une mention d'honneur pour avoir accompli un acte de courage dans une situation difficile. D'autres, comme le petit David ainsi que messieurs Letendre et Dickson, ont reçu une médaille pour leur acte accompli dans des circonstances périlleuses.

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