«Souligner la contribution des hommes et des femmes qui accomplissent leur mission en Afghanistan avec courage et bravoure mérite d'être fait à Québec. Mais pour ce faire, il n'est pas nécessaire ?d'assassiner à nouveau Henri IV? en effaçant de la mémoire collective québécoise le nom du roi de France qui a permis que nous vivions sur les rives du Saint-Laurent», ont écrit le président de la Fédération des sociétés d'histoire du Québec, Richard Bégin, et le président du comité du patrimoine, Clément Locat, dans une lettre datée du 12 novembre et transmise à la présidente de la Commission de toponymie, France Boucher.
On rappelle que c'est ce roi de France qui avait permis à Samuel de Champlain et à Pierre Dugua de Mons de fonder la ville de Québec, il y a 401 ans. De plus, on indique que la construction du boulevard Henri-IV a débuté en 1957, à la veille des célébrations du 350e anniversaire de Québec.
La Fédération croit qu'il y aurait d'autres possibilités pour honorer les militaires. «La Commission de toponymie pourrait changer le nom de quelque chose de moins parlant en termes d'histoire que le nom de Henri IV», a avancé le trésorier de l'organisme et membre de la Société d'histoire de Québec, Marc Beaudoin.
À son avis, la possibilité que la seule section de l'autoroute Henri-IV (573) au nord de l'autoroute Félix-Leclerc prenne le nom d'autoroute de la Bravoure mérite d'être considérée. Ce tronçon de 12 kilomètres mène à la base militaire de Valcartier.
Pour la Fédération, il n'est pas question de mettre en cause la bravoure des militaires en s'opposant au changement de nom de l'autoroute Henri-IV. On rappelle que plusieurs rues de Québec portent le nom de militaires, dont celles du Général-Allard, du Général-McNaughton, du Général-Tremblay, du Général-Vanier, du Colonel-Mathieu, ainsi que celles portant le nom des militaires Lalonde, Ménard, Lapointe, Nelles et Sauvé.
On mentionne également que la toponymie de Québec fait place aussi aux grandes batailles de Dieppe, de Verdun et des Ardennes et qu'une rue de la Victoire a été nommée à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Le roi Henri IV, qui avait mis fin aux guerres de religion en France, a été assassiné en 1610.















