Selon Alain Croteau et Celestino Silva, deux agents de la SQ avec qui Le Soleil s'est entretenu en marge de la première rencontre des policiers gestionnaires de recherche terrestre qui se tenait en début de semaine, à Québec, les bénévoles qui se portent volontaires pour retrouver un membre de leur famille, un ami, un voisin ou un inconnu ont tendance à diminuer l'efficacité des recherches.
«Ce qui est difficile, c'est quand les parents partent sur leur propre campagne, souligne Alain Croteau. [...] Un appel public de la mère, ça, c'est un calvaire. Au niveau de la gestion, le lendemain matin, au lieu d'avoir à gérer trois équipes de personnes expérimentées, je suis obligé de prendre de ces équipes-là sept ou huit personnes pour s'occuper de gangs qui ne sont pas expérimentées et qui peuvent se blesser, se perdre ou contaminer [des secteurs de recherche].»
Lorsqu'ils ont besoin de bénévoles pour retrouver un disparu, les gestionnaires en recherche terrestre de la SQ font appel à
ce qu'ils appellent des «bénévoles structurés», c'est-à-dire des gens qui travaillent sous l'égide de la sécurité civile et sont formés pour faire de la recherche terrestre.
Au contraire, expliquent les agents Croteau et Silva, les gens ordinaires qui se portent volontaires ont tendance à sous-
estimer les connaissances nécessaires pour retrouver un disparu, particulièrement en forêt. Ces «bénévoles spontanés» sont souvent trop émotifs et n'arrivent pas à détecter la présence d'un disparu à quelques mètres, nuisent au travail des maîtres-chiens et accentuent la pression sur les policiers à force d'impatience et de demandes inutiles.
«On est des spécialistes. C'est notre champ d'expertise. Moi, je n'irai pas voir monsieur, madame Tout-le-Monde pour lui expliquer comment faire son travail, dit l'agent Croteau. Mais les bénévoles spontanés font régulièrement l'inverse et nous expliquent qu'on ne fait pas bien ça.»
«On n'a rien contre la bonne volonté, ajoute l'agent Silva. Mais il faut qu'on se questionne sur l'efficacité des gens qui ne sont pas habitués à en faire [de la recherche terrestre].»
Les deux policiers expliquent qu'il est toutefois humainement très délicat de rejeter des bénévoles spontanés qui veulent aider à retrouver un proche.
«Dans l'idée des gens, on refuse de l'aide pour sauver leur enfant. Ce qu'ils ne voient pas, rappelle Alain Croteau, c'est que pour être en mesure de gérer des gens qui ne sont pas entraînés, donc pas très efficaces et qui pourraient même arriver et passer à côté d'un individu, on est obligé de défaire une équipe expérimentée qui avance beaucoup plus rapidement avec beaucoup plus d'efficacité.»
La SQ suggère plutôt aux bénévoles spontanés de contribuer aux recherches en fournissant le plus de détails possible sur le disparu, tout en s'assurant que la personne ne se trouverait pas près de leur domicile.
«On ne demande pas aux gens de venir, explique Ann Mathieu, porte-parole de la Sûreté du Québec. Si on en est rendu là, on vous le fera savoir. Vérifiez votre coin de terrain, ce qui vous appartient. Les gens connaissent bien leur environnement immédiat.»











