Piqueries supervisées: Point de repères revient à la charge

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À l'occasion de la Journée du sida, hier,... (Le Soleil, Jocelyn Bernier)

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À l'occasion de la Journée du sida, hier, l'organisme Point de repères avait organisé une simulation d'injection supervisée sur le parvis de l'église Saint-Roch.

Le Soleil, Jocelyn Bernier

Marc Allard

Marc Allard
Le Soleil

(Québec) L'organisme d'aide aux toxicomanes Point de repères est revenu à la charge avec son projet de piquerie supervisée, en cette Journée mondiale du sida. Mais le ministre de la Santé, Yves Bolduc, n'est pas encore prêt à donner son feu vert.

Le directeur de Point de repères, Mario Gagnon, a interpellé le ministre Bolduc, mardi, en marge d'une conférence de presse du Mouvement d'information et d'entraide dans la lutte contre le VIH-sida (MIELS-Québec) à l'Université Laval, pour savoir où en était rendue sa réflexion sur les piqueries supervisées.

L'attachée de presse d'Yves Bolduc, Marie-Ève Bédard, nous a précisé mardi que le ministre avait indiqué au directeur de Point de repères que le gouvernement attendait notamment de consulter un avis de l'Institut national de santé publique du Québec sur les centres d'injection supervisés avant de prendre position. Cet avis devrait être rendu public dans les prochaines semaines.

«Ça va faire partie des documents qu'on va consulter pour poursuivre notre réflexion sur les centres d'injection supervisés, indique Mme Bédard. Il n'y a pas vraiment de décision prise à ce niveau-là.»

L'an dernier, le ministre Bolduc s'était opposé à l'implantation de centres d'injection supervisés pour les utilisateurs de drogues intraveineuses, estimant que les Québécois n'étaient pas prêts à accueillir de tels centres.

Pour le moment, le ministère de la Santé mise entre autres sur des campagnes de publicité et de sensibilisation centrées sur la prévention du VIH, la lutte contre la toxicomanie et le soutien à des organismes comme Point de repères, à Québec, et Cactus, à Montréal, qui fournissent des seringues propres aux toxicomanes. «On va considérer les sites d'injection supervisés comme un outil parmi d'autres», précise Marie-Ève Bédard.

Simulation d'injection

Mardi, à l'occasion de la Journée mondiale du sida, Point de repères organisait une simulation d'injection supervisée sur le parvis de l'église Saint-Roch pour sensibiliser la population au projet. Selon Mario Gagnon, les citoyens seraient loin d'être choqués que le gouvernement donne son aval aux centres d'injection supervisée.

«On entend qu'il y a de l'opposition, mais quand on parle, nous, aux commerçants du quartier, aux gens qui ont des restaurants et qui sont pognés avec des problématiques de scène d'injection dans leurs toilettes parce qu'on n'a pas d'autres options, aux résidants aussi qui voient les gens s'injecter dans la rue, tous ces gens sont super positifs.»

Pour l'instant, l'organisme ne peut pas permettre aux toxicomanes de se piquer dans ses locaux sous la supervision de ses intervenants, qui doivent se rendre dans les piqueries illégales pour réduire les risques de transmission du VIH et de surdose.

Reste que les intervenants ne peuvent pas être dans toutes les piqueries, fait valoir M. Gagnon. «Si les gens s'injectent à l'extérieur, c'est au risque d'être vus et de subir les préjugés de la part de citoyens, donc les gens vont précipiter leur geste, blesser leurs veines, dropper leur sang dans la communauté. Nous, on dit : "En offrant un espace avec une belle organisation de nursing, de médical et de psychosocial autour, les gens sont assurés d'avoir de l'aide".»

Point de repères distribue environ 370 000 seringues propres par année. Selon l'organisme, il y aurait environ 3000 utilisateurs de drogues intraveineuses à Québec. De 10 à 12 % d'entre eux auraient le VIH et environ 70 % l'hépatite C.

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