Les policiers en faveur d'un Nez rouge à l'année

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L'auteur trouve très décevant de voir aujourd'hui Jean-Marie... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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L'auteur trouve très décevant de voir aujourd'hui Jean-Marie De Koninck, l'initiateur d'Opération Nez rouge, être ainsi instrumentalisé dans l'Opération des Rouges.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Marc Allard
Le Soleil

(Québec) Pour faciliter le respect de la nouvelle limite d'alcool au volant de 0,05 % que souhaite faire adopter la ministre des Transports, Julie Boulet, la Fédération des policiers municipaux du Québec demande au gouvernement de financer un Nez rouge à l'année.

Selon le président de la Fédération, Denis Côté, la ministre Boulet devrait aussi proposer un service de raccompagnement au public si elle veut donner suite à la principale recommandation de la Table québécoise de la sécurité routière.

«Ce qu'on préconise, c'est un Nez rouge à l'année longue, a expliqué mardi au Soleil M. Côté. Pour chaque région administrative du Québec, il y aurait un service de raccompagnement, mais un numéro unique pour la province.»

La Fédération des policiers municipaux, qui n'a pas chiffré sa proposition, souhaiterait que le service de raccompagnement provincial soit entièrement financé par l'État, et non sous forme de partenariat ou de subventions au privé. La Fédération n'écarterait pas la possibilité d'un tarif minimal ou de tickets modérateurs, mais souhaite que ce coût soit le moins élevé possible.

La création d'un service de raccompagnement provincial et annuel financé par l'État n'a jamais fait l'objet d'une recommandation de la Table québécoise de la sécurité routière, dont le premier rapport a mené à l'adoption de lois sur le cellulaire au volant, sur les grands excès de vitesse, sur la conduite avec les facultés affaiblies, ainsi qu'à un projet pilote de radars photo.

Le président de la Table, Jean-Marie De Koninck, qui est aussi le fondateur d'Opération Nez rouge, a expliqué mardi au Soleil qu'il n'avait pas envisagé cette possibilité parce que les coûts associés à un tel service de raccompagnement seraient trop élevés pour le gouvernement. Nez rouge fonctionne avec des bénévoles, des commanditaires et une subvention de 400 000 $ de la Société de l'assurance automobile du Québec pour payer ses employés, et pourtant, l'organisme réussit de justesse à équilibrer son budget, fait-il valoir.

«Impensable», selon De Koninck

«Nez rouge à l'année, c'est impensable», tranche M. De Koninck. À sa connaissance, aucun pays dans le monde n'offre un service public et annuel de raccompagnement pour les automobilistes avec les facultés affaiblies.

«Et sur le plan moral, je ne suis pas sûr que ce soit la bonne chose à faire, ajoute le président de la Table. Je me fie bien plus à la responsabilisation des gens. Nez rouge, on fait ça 3,4 semaines. Faire ça à l'année longue, on deviendrait peut-être une béquille pour les gens qui prennent un verre de trop.»

Le président de la Fédération des policiers municipaux du Québec, M. Côté, estime pour sa part que les sommes que le gouvernement investirait dans un service de raccompagnement public annuel équivaudraient à une part importante de la facture associée à l'alcool au volant. «Si on regarde les coûts sociaux liés à la conduite avec les facultés affaiblies et si on met [l'argent] dans un service de raccompagnement à l'année, dit-il, ça va s'autofinancer.»

Dans plusieurs régions de Québec, des organismes à but non lucratif et des entreprises offrent des services de raccompagnement toute l'année qui sont utilisés par plusieurs bars et restaurants. Mais la rentabilité est parfois difficile à atteindre, notamment pour ceux qui se trouvent dans les régions où la densité de population est faible.

L'Association des restaurateurs du Québec (ARQ), qui a dénoncé l'intention de la ministre des Transports de réduire le taux

d'alcoolémie maximum pour conduire à 50 mg par 100 ml de sang, appuie les organismes qui offrent des services de raccompagnement à longueur d'année, mais partage le souhait de la Fédération des policiers municipaux d'instaurer un Nez rouge à l'année financé par le public.

«Si les gens défraient 30 ou 40 $ pour utiliser un service de raccompagnement comme ils peuvent le faire pour utiliser un service de taxi, explique François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'ARQ, ça coupe dans le budget discrétionnaire. Et le budget discrétionnaire, c'est la restauration et le divertissement.»

 

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