Deux d'entre eux, Félix et Mathieu, âgés de 18 ans, sont des étudiants en techniques policières au Campus Notre-Dame-de-Foy. Même en période d'examens, ils n'auraient pas voulu rater cette occasion de saluer l'infirmier de la rue et aussi prendre quelques consignes pour voir un mourant durant le temps des Fêtes.
«Dans le cadre de nos cours, nous devions faire 30 heures de bénévolat cet automne. Après avoir complété ces heures, nous voulions continuer à apporter de l'aide», a raconté Félix. «C'est une façon pour nous de bien comprendre la situation de ces gens pour mieux les aider par la suite», a ajouté l'autre aspirant policier.
Les patients étaient bien contents d'être au repas. C'est une occasion de revoir d'autres personnes qui reçoivent des soins, des bénévoles. C'est une façon aussi de briser la solitude qui est plus difficile à vivre pour plusieurs en cette période de l'année.
Gilles Kègle était heureux de voir tous les bénévoles ou presque malgré la fatigue d'avoir terminé les préparatifs à 1h30 la nuit précédente. Une vingtaine de bénévoles - des étudiants pour la plupart - n'ont pu prendre part au repas en raison des examens de fin de session. L'infirmier de la rue avait prévu remettre des petits cadeaux (des boîtes de chocolat) à ses invités. «C'est une façon de leur dire merci», a-t-il répondu.
25 ans d'entraide
L'an prochain, cela fera 25 ans que Gilles Kègle sillonne les rues de Québec pour venir en aide aux pauvres, aux personnes seules, aux malades, aux personnes âgées, aux laissés-pour-compte.
La tâche est de plus en plus exigeante compte tenu du vieillissement de ses patients qui sont au nombre de 2400 à Québec. «Ça demande plus de travail d'une année à l'autre. Les patients qui vieillissent sont de plus en plus en perte d'autonomie», a-t-il expliqué.
Le poids des années et du travail sans relâche, sept jours sur sept, commence aussi à peser lourd sur les épaules de l'infirmier de la rue. En plus, depuis deux ans, il doit composer avec des douleurs causées par de l'arthrite sans se plaindre. En fin de journée, la douleur est plus vive et le fait boiter. Malgré ce handicap, il n'entend pas réduire son rythme de visites.










