Le parti souverainiste «se positionnera clairement» contre le port du voile intégral afin de «promouvoir les valeurs qu'il veut défendre dans la société québécoise», indique un interlocuteur.
Ce sera une prise de position nécessairement symbolique, puisque le port de la burqa est un phénomène quasi inexistant au Québec.
La sortie que prépare le PQ vise néanmoins à faire entendre un principe haut et fort : celui de la «réprobation générale de la société québécoise» à l'égard de ce vêtement, a-t-on confié.
Personne au Parti québécois n'accepte de commenter publiquement cette information.
Cette prise de position sera «communiquée en temps et lieu», se borne-t-on à dire, tant au bureau du leader parlementaire du PQ, Stéphane Bédard, qu'à celui de la députée Louise Beaudoin, qui vient d'hériter du dossier de l'immigration. C'est à elle que Pauline Marois vient de confier le mandat d'élaborer un projet de «charte de la laïcité».
Mme Beaudoin, qui refuse de parler de la burqa, mais consent à s'exprimer sur cette éventuelle charte, indique que l'aile parlementaire de son parti est opposée aux signes religieux ostentatoires pour les «agents de l'État», que ce soit les employés de la fonction publique, les enseignants, ainsi que les personnels travaillant dans les hôpitaux et les services sociaux - les infirmières, par exemple.
Pas de voile pour eux, donc, si le PQ prenait le pouvoir.
«Aucun fonctionnaire ne doit porter de signes religieux ostentatoires», affirme la députée de Rosemont en invoquant le principe de la «neutralité de l'État».
Cette proposition de charte sera élaborée d'ici juin. Elle sera par la suite présentée aux militants, qui en débattront et en disposeront.
D'un autre oeil
Sur la scène fédérale, concernant la burqa, le gouvernement de Stephen Harper et l'opposition officielle libérale de Michael Ignatieff ne voient pas les choses comme au PQ.
Le ministre fédéral de la Citoyenneté et de l'Immigration, Jason Kenney, estime que le port de la burqa relève de la liberté personnelle. «Le gouvernement ne dit pas aux gens quels vêtements ils doivent porter.»
Même son de cloche chez M. Ignatieff. «Nous sommes un parti qui croit profondément dans la liberté de religion et la liberté de croyance.»
Le débat sur la burqa a été relancé par Paris. Une mission parlementaire française a proposé l'interdiction de la burqa dans les services publics.











