Remise en contexte. Lors d'une rencontre de presse, plus tôt cette semaine, Clotaire Rapaille, parlant de l'importance de rajeunir la ville, disait que «s'il n'y a plus de jeunes ici, ça devient une pension de retraite pour vieux Québécois qui mangent de la poutine!» En plus, le maire de Québec, Régis Labeaume, a ri.
Colère à la FADOQ.
Déjà, dans nos pages, vendredi, dans un article relevant quelques suggestions de nos lecteurs à Clotaire Rapaille, nous mentionnions avoir reçu quelques messages d'aînés, irrités par ladite blague. La FADOQ régions de Québec et de Chaudière-Appalaches a concrétisé cette irritation, vendredi, en émettant un communiqué officiel exprimant son mécontentement.
«Nous sommes déçus et fatigués de cette façon de toujours présenter les aînés comme un poids négatif pour la société», explique Rosaire Roy, président de la FADOQ régions de Québec et de Chaudière-Appalaches. De plus, la FADOQ soutient que cette attitude est récurrente chez M. Labeaume et cite les propos du maire lors d'un déjeuner-causerie devant des hommes d'affaires, le 16 octobre dernier, où il aurait dit que «les aînés ne consomment pas, [...] envahissent les bibliothèques et demandent de plus en plus de services de loisirs et de culture...» Rosaire Roy affirme qu'on perpétue une mauvaise image des aînés, en les dépeignant comme des citoyens parasitaires.
Le président régional de la FADOQ n'exige pas d'excuses officielles de la part de Clotaire Rapaille et de Régis Labeaume, estimant ne pas être là pour se chicaner, mais plutôt «pour faire avancer les choses et, peut-être, favoriser un rapprochement» entre son association et la façon de penser à la Ville de Québec.
Quant au maire Labeaume, il est fort surpris de la colère de la FADOQ. L'attaché de presse du maire, Paul-Christian Nolin, soutient qu'au contraire, Régis Labeaume est très sensible au sort des aînés, lui qui est le maire de la deuxième ville la plus âgée au Canada. «Ce n'est pas manquer de respect aux personnes plus âgées que de dire qu'il faut rajeunir la population et la rééquilibrer parce que oui, le vieillissement de la population entraîne des coûts et il faut des plus jeunes pour payer. Ce n'est pas un reproche pour les aînés, simplement une constatation.» L'administration municipale se dit prête à écouter et à dialoguer avec ses citoyens plus âgés, toujours aussi appréciés, souligne le porte-parole de M. Labeaume.














