Ancien sous-ministre, Ghislain Leblond, 65 ans, est atteint d'une forme rare de sclérose qui fige progressivement ses membres. Sa tête est toute là, mais la maladie le rend lentement «prisonnier de son corps» depuis plusieurs années.
En entrevue au Soleil en octobre, il avait raconté son expérience avec beaucoup d'émotion et plaidé pour avoir la liberté de décider le moment de partir. Pour son bien et celui de ses précieux proches, disait-il.
Ghislain Leblond avait aussi formulé le souhait de voir le gouvernement mettre sur pied une vaste consultation qui regrouperait tous les partisans et les opposants au droit à l'euthanasie, un terme que plusieurs préfèrent d'ailleurs proscrire du vocabulaire. Un signe de plus montrant à quel point cette question aux enjeux médicaux, légaux, moraux et humains est hautement sensible.
Son voeu exaucé
Avec le début, cet après-midi, des travaux de la commission, Ghislain Leblond voit en quelque sorte son voeu exaucé.
«C'est une étape très importante», estime au téléphone l'homme impliqué dans le collectif Mourir Digne et Libre. Se disant «impressionné par le plan de travail très intense de la commission», il la juge d'autant plus pertinente qu'elle est issue d'une motion unanime adoptée par les élus le 4 décembre.
«Cette commission a la noblesse de s'élever au-delà de la partisanerie, se réjouit M. Leblond. Cela favorisera des débats civilisés.»
Des débats auxquels il prendra part dès aujourd'hui en compagnie d'un autre représentant du Collectif, Yvon Bureau. Ils viendront exprimer leur point de vue aux parlementaires vers 17h20. Tout juste après des organisations aussi importantes que le Collège des médecins et les fédérations médicales. «On est heureux d'être conviés dès le départ», indique M. Leblond.
Jusqu'à jeudi, ainsi que les 8 et 9 mars, la commission présidée par le député libéral de Jacques-Cartier, Geoffrey Kelley, entendra une trentaine d'intervenants - experts, organismes, universitaires, éthiciens ou encore spécialistes en soins palliatifs.
Cette première phase d'audience permettra de rédiger un document de réflexion qui mènera à une consultation publique à la fin de l'été.












