La propriétaire du Lady Mary Ann, Johanne Dolbec, ne cache pas qu'avec ce concours et ce prix inusité, elle souhaite faire parler de son établissement et attirer une nouvelle clientèle.
«Le dimanche, nous voulons attirer une clientèle autant féminine que masculine, raconte la propriétaire lors d'un entretien téléphonique. Nous continuerons à offrir des spectacles classiques de danseuses les dimanches, mais nous souhaitons innover avec des concours de tous genres, comme celui que nous lançons. Les participantes ne seront pas obligées de se dévêtir et de présenter un spectacle érotique pour gagner le concours. Elles pourront faire du chant, du théâtre ou de la danse. Toutes les performances seront acceptées.»
Le concours débutera dimanche et se terminera le dimanche 23 mai. Au cours des premières fins de semaine, les participantes traverseront des rondes préliminaires et leurs performances seront jugées uniquement par le public. Pour les rondes éliminatoires et la finale, un jury composé de trois personnes ainsi que les clients seront appelés à choisir les meilleures performances et, ultimement, la récipiendaire des implants mammaires et de la chirurgie visant à les poser.
Mme Dolbec sait très bien que le prix remis à la gagnante sera fort probablement critiqué, notamment par les groupes féministes. «J'ai passé ma vie à vivre dans la controverse», explique celle qui vit du monde du divertissement pour adultes depuis plusieurs décennies. «J'ai vécu la guerre des motards et les danses à 10 $. Alors, ce n'est pas cette nouvelle controverse qui pourrait me déranger.»
Terrain déjà fréquenté
Avec ce prix qui sort de l'ordinaire, Mme Dolbec retourne sur un terrain qui a déjà été utilisé par le passé par l'ancien animateur de CHOI, Jeff Fillion. Ce dernier avait notamment organisé un concours où les auditrices appelaient en onde pour faire leur meilleur cri d'orgasme. La gagnante recevait alors cette nouvelle paire de seins en guise de récompense pour sa performance.
Jointe au téléphone en fin d'après-midi mercredi, une ancienne membre du conseil d'administration de la FFQ, Émilia Castro, s'est insurgé contre ce concours. Elle demande au cabaret de mettre fin à cette compétition, qui démontre, selon elle, «un manque flagrant de respect envers les femmes».
«Je pensais qu'en 2010, nous étions rendus à un autre niveau», évalue celle qui a siégé au conseil d'administration de la FFQ jusqu'en octobre dernier. «C'est une autre façon d'utiliser le corps de la femme comme un objet, à des fins commerciales. C'est totalement inacceptable.»
Mme Castro est également sidérée de voir que cette compétition se mettra en branle la veille de la Journée internationale de la femme, qui a lieu chaque année le 8 mars.










