Le concours du Lady Mary Ann soulève des questions d'éthique

Lady Mary Ann... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Lady Mary Ann

Le Soleil, Erick Labbé

 

Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) Les opposants ont continué à se manifester, jeudi, contre la présentation d'un concours de nouveaux talents au bar de danseuses Lady Mary Ann, à la fin duquel la gagnante obtiendra des implants mammaires.

La présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Alexa Conradi, estime que l'établissement profite de l'insécurité que la majorité des femmes vivent quand elles comparent leur corps à celui pratiquement parfait que l'on retrouve dans les magazines de mode.

«Comment voulez-vous que les femmes se sentent quand on leur présente toujours ce modèle de beauté unique, se questionne Mme Conradi. Les femmes se sentent mal à l'aise dans ce contexte. Ce bar profite littéralement de cette vulnérabilité des femmes pour remplir son édifice et pour faire de l'argent sur le dos de cette insécurité. C'est inacceptable.»

Le professeur de marketing de l'Université Laval, André Richelieu, avance pour sa part que cette promotion «est discutable du point de vue éthique».

«Est-ce que l'on peut accepter ce type de promotion en 2010? La réponse est non. Du point de vue du mouvement féministe, je suis convaincu que ce n'est pas le type de message qu'on veut envoyer aux femmes.»

Objectif atteint

M. Richelieu avance qu'avec un tel concours controversé, la propriétaire du cabaret, Johanne Dolbec, atteint son objectif, qui est de faire parler de son établissement, surtout si les médias reprennent la nouvelle.

«C'est clair que les propriétaires du bar, ils s'en fichent pas mal de la réputation qu'ils ont dans la population. C'est un bar où on utilise déjà le corps des femmes pour attirer de la clientèle. Alors, avec ce concours, on parle davantage du bar. Parlez-en en mal ou en bien, mais parlez-en.»

Du côté de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) du Québec, on dit ne pas pouvoir intervenir afin d'interdire cette compétition qui a dérangé le mouvement féministe.

«Ce n'est pas à nous de juger si le concours est de bon ou mauvais goût», indique le porte-parole de la RACJ, Réjean Thériault.

Le Soleil a parlé à des employés des stations de radio CHOI et NRJ, jeudi, car ces deux entreprises diffusent des publicités sur cette compétition.

Même s'ils ont voulu garder l'anonymat, ces employés ont indiqué ne pas avoir de malaise à mettre en ondes des publicités sur ce concours, et ce, malgré la controverse que la compétition a soulevée parmi le mouvement féministe. En substance, on nous a répondu que ces radios ne faisaient que diffuser le message d'un établissement qui souhaite faire connaître sa promotion à la population.

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